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Moyen Orient et Monde - Analyse

L’unité de l’armée syrienne à l’épreuve de la répression

L’armée syrienne, qui multiplie les interventions pour étouffer le soulèvement en cours depuis la mi-mars, montre des signes de divisions qui pourraient être lourds de conséquences pour Bachar el-Assad.
Le pouvoir du chef de l’État, âgé de 45 ans, repose de plus en plus sur un appareil militaire dont l’état-major est en grande partie issu comme lui de la minorité alaouite. La répression du soulèvement prodémocratie a en outre été confiée à des unités majoritairement alaouites.
Outre la colère de la majorité sunnite, cette « sectarisation » a donné lieu à des désertions, qui restent toutefois limitées. « On ignore encore quelle limite devra être franchie pour que des défections de masse commencent à avoir lieu et amènent d’autres appelés sunnites à considérer la désertion comme l’option la plus viable », admet Andrew Terrill, qui a étudié l’armée syrienne au War College américain de Carlisle Barracks, en Pennsylvanie.
Les unités les plus fidèles au pouvoir sont la garde républicaine et la IVe division blindée commandées par Maher el-Assad, frère du président, qui compte chacune 10 000 hommes majoritairement alaouites. Mieux entraînées, elles sont aussi mieux payées que le reste de cette armée forte de 200 000 hommes, appelés compris. Elles sont en outre épaulées dans certaines régions par des milices également issues de la minorité alaouite.
Si les défections sont jusqu’ici restées limitées, la poursuite de la répression pourrait leur donner une tout autre ampleur sans épargner les couches supérieures de la hiérarchie militaire, estiment certains experts. Plusieurs officiers comptent déjà parmi les quelque 10 500 Syriens qui ont franchi la frontière turque, dans le Nord, selon l’agence de presse Anatolie. La cohésion de l’armée, très marquée idéologiquement et vouée à la défense du régime baassiste, devrait toutefois résister aux lignes de fractures confessionnelles, jugent d’autres observateurs. « L’armée ne sera divisée que si le régime s’effondre (...). Il s’agit d’une armée idéologique et tous les officiers sont baassistes », explique ainsi un militant démocrate. L’étroite surveillance de la police secrète, explique Andrew Terril, a pour conséquence que « les soldats syriens ordinaires se considèrent comme des détenus plutôt que comme des individus avec de véritables possibilités de choix ». « Le test fatidique aura lieu quand des militaires auront l’impression que leur défection pourra contribuer à la défense de leurs foyers et de leurs villages lorsqu’ils seront attaqués. Dans ce cas, une pression psychologique énorme les poussera à la désertion », ajoute-t-il.
La surreprésentation de la communauté alaouite au sein de l’état-major remonte aux premières années du régime baassiste, instauré en 1963. Des officiers issus de cette minorité se sont alors emparés de postes stratégiques dans l’armée de l’air, les divisions blindées et les services de renseignements. Parmi eux se trouvait Hafez el-Assad, qui devait devenir par la suite ministre de la Défense puis chef de l’État, en 1970.
Le soulèvement contre son fils, qui lui a succédé en 2000, a pris racine à la mi-mars dans des zones rurales, conservatrices et sunnites, avant de gagner les faubourgs de Damas et le pôle commercial d’Alep.
L’indignation gagne du terrain parmi les militaires sunnites qui découvrent peu à peu l’ampleur de la répression dans leurs régions d’origine, qu’il s’agisse de la plaine du Hauran, berceau de la contestation dans le Sud, de la province de Homs, où du Nord, à la frontière turque, rapporte un diplomate.
(Source : Reuters)
L’armée syrienne, qui multiplie les interventions pour étouffer le soulèvement en cours depuis la mi-mars, montre des signes de divisions qui pourraient être lourds de conséquences pour Bachar el-Assad.Le pouvoir du chef de l’État, âgé de 45 ans, repose de plus en plus sur un appareil militaire dont l’état-major est en grande partie issu comme lui de la minorité alaouite. La répression du soulèvement prodémocratie a en outre été confiée à des unités majoritairement alaouites.Outre la colère de la majorité sunnite, cette « sectarisation » a donné lieu à des désertions, qui restent toutefois limitées. « On ignore encore quelle limite devra être franchie pour que des défections de masse commencent à avoir lieu et amènent d’autres appelés sunnites à considérer la désertion comme l’option la...
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