Par ailleurs, la rébellion libyenne a démenti tout contact avec Tripoli, comme l’avait affirmé un émissaire russe. Au cours d’une conférence de presse aux côtés du ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini à Naples, en Italie, le dirigeant rebelle Mahmoud Jibril a souligné que « si des négociations devaient avoir lieu », le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, « s’était engagé à l’annoncer à tous ses amis de par le monde. M. Frattini a également mis en doute la possibilité de pourparlers ». M. Frattini a en outre noté que « les plus hauts dirigeants (libyens) recevront dans quelques jours un mandat d’arrêt international », jugeant impossible de leur accorder dans ce contexte « une quelconque légitimité ».
L’émissaire russe pour l’Afrique, Mikhaïl Marguelov, en visite à Tripoli, avait affirmé jeudi que « des contacts directs entre Benghazi et Tripoli sont déjà en cours ». Hier, il a précisé que des discussions avaient lieu « dans plusieurs capitales européennes, en France, en Norvège, en Allemagne » et dans d’autres pays. « S’il y a eu des contacts directs, nous n’y avons pas été associés et nous n’en sommes pas à l’origine », a déclaré de son côté le ministère français des Affaires étrangères.
Aucun des deux camps de la crise libyenne n’a admis jusqu’à présent l’existence de négociations pour résoudre le conflit, les rebelles réclamant avant toute discussion le départ du colonel Kadhafi.
Sur le terrain, dix personnes ont été tuées et quarante blessées lors de bombardements des troupes loyalistes dans les environs de l’enclave rebelle de Misrata, ont indiqué les insurgés. Selon un porte-parole des rebelles, Ahmad Hassan, toutes les victimes sont des civils qui ont été touchés lors de la chute de roquettes de type Grad. Il a souligné que la ville était la cible de bombardements quasi quotidiens des forces pro-Kadhafi et qu’il n’y avait eu aucune frappe sur leurs positions de la part de l’OTAN hier.
Par ailleurs, des explosions puissantes ont secoué en début d’après-midi le centre de Tripoli, après des détonations lointaines entendues le matin. La route reliant Zenten à Yefren, dans les montagnes berbères au sud de Tripoli, est désormais entièrement contrôlée par les rebelles.
Enfin, la commission d’enquête indépendante de l’ONU sur les allégations d’atteintes aux droits de l’homme en Libye, dont la mission a été étendue hier, a accusé le régime de mener des attaques systématiques contre la population et de commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
(Source : agences)


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