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Actualités - Répression

Syrie : l'opposition poursuit à Londres l'esquisse d'un front uni

En congrès à Antalya, Bruxelles et bientôt aux États-Unis; en petit comité à Londres cette semaine; en délégation demain à Moscou: les opposants syriens de la diaspora esquissent un front uni avec ceux de l'intérieur, dans l'espoir de précipiter la chute de Bachar el-Assad.

A Antalya, quelque 300 délégués d'horizons divers dont des chefs de tribus, des kurdes, des Frères musulmans ont exigé, début juin, la "démission immédiate" du président el-Assad./

"On se complète", les opposants en exil, et ceux qui continuent de manifester dans le pays, malgré un bilan estimé à 1 200 morts en trois mois, estime Najib Ghadbian, professeur à l'université de l'Arkansas et auteurs de multiples ouvrages de référence.
Evoquant son rôle, il se présente comme "un fauteur de troubles pour le régime d'el-Assad."
Il n'y a pas à ce stade de structures, de leader identifié ni de programme commun. Mais après des années de régime unique, "ce serait injuste d'attendre de l'opposition qu'elle soit unifiée", plaide Ghadbian. "La révolution, c'est d'abord l'affaire des jeunes" insurgés en Syrie, dont l'action sera déterminante.
"Il n'y a pas de retour en arrière possible. On assiste aujourd'hui à un soulèvement populaire", souligne Ausama Monajed, 31 ans, un des responsables du "Mouvement pour la justice et le développement en Syrie", établi à Londres.
Avec un large sourire, il confie à l'AFP avoir mis en application son master dédié "au rôle de l'internet et des nouvelles technologies dans les révolutions non violentes". Avec d'autres, il a introduit clandestinement en Syrie des smartphones et modems, outils indispensables contre la censure "d'un régime qui raisonne encore avec la mentalité de la Guerre froide".
Contrairement à l'armée égyptienne, l'armée syrienne interdit tout rassemblement "sur le modèle de la place Tahrir", au Caire, épicentre du soulèvement qui a eu raison du président Hosni Moubarak en février, explique Radwan Ziadeh. Professeur à Harvard, il fut l'un des animateurs du premier "printemps de Damas" en 2000, avant d'être contraint à l'exil.
Ghadbian, Monajed, Ziadeh: ces trois "activistes" influents témoignaient cette semaine devant le prestigieux Royal Institute of International Affairs de Londres.
Tous reconnaissent le caractère hétérogène de l'opposition. Mais tous insistent sur l'importance du déclic survenu début juin à Antalya. Dans cette station balnéaire turque, quelque 300 délégués d'horizons divers dont des chefs de tribus, des kurdes, des Frères musulmans ont exigé la "démission immédiate" du président el-Assad; exclu le recours à une intervention étrangère comme en Libye; appelé à des élections libres; désigné un comité consultatif de 31 membres.
"Après Antalya, l'opposition a bien plus de chance de s'unifier", commente Ziadeh.
Dans la foulée, 200 opposants ont créé à Bruxelles "une commission juridique chargée d'évaluer les violations des droits de l'Homme par le régime syrien".
"Les pressions internationales sont incontestablement insuffisantes", reconnaît cependant Monajed, amer après la mise en sommeil d'un projet de résolution à l'ONU condamnant la répression.
Mais l'opposition fonde de grands espoirs sur l'envoi prochain d'une délégation à Moscou, traditionnel soutien de Damas. "C'est sans précédent dans l'histoire des relations russo-syriennes", souligne Monajed, qui annonce par ailleurs "la tenue prochaine d'une conférence majeure aux États-Unis".
Les opposants s'activent, mais les contacts sont encore préliminaires. "Nous discutons avec des gouvernements", dont le Foreign Office, déclare Monajed. Mais on est loin de la reconnaissance accordée à l'opposition libyenne.
"C'est l'armée qui fournira la solution", conclut Ziadeh. Aujourd'hui, "les conscrits n'ont pas le choix: c'est tuer ou être tués", en cas de défection.
"On aime à penser, on espère, qu'elle finira par prendre la décision historique de se ranger du côté du peuple", renchérit Monajed.
"On se complète", les opposants en exil, et ceux qui continuent de manifester dans le pays, malgré un bilan estimé à 1 200 morts en trois mois, estime Najib Ghadbian, professeur à l'université de l'Arkansas et auteurs de multiples ouvrages de référence.Evoquant son rôle, il se présente comme "un fauteur de troubles pour le régime d'el-Assad."Il n'y a pas à ce stade de structures, de leader identifié ni de programme commun. Mais après des années de régime unique, "ce serait injuste d'attendre de l'opposition qu'elle soit unifiée", plaide Ghadbian. "La révolution, c'est d'abord l'affaire des jeunes" insurgés en Syrie, dont l'action sera déterminante."Il n'y a pas de retour en arrière possible. On assiste aujourd'hui à un soulèvement populaire", souligne Ausama Monajed, 31 ans, un des responsables du "Mouvement pour...