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Liban

Se débarrasser de la cellulite : oui, mais à quel prix ?

La Société libanaise de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique (LSPRAS) tire la sonnette d’alarme, mettant en garde contre les techniques de lyse adipocytaire à visée esthétique, également appelées lipolyse ou lipodissolution. Ces techniques proposées depuis quelques années aux femmes en alternative aux chirurgies visent à détruire les cellules adipeuses sans aspiration de la graisse. Or il s’agit de techniques « dangereuses », d’après un rapport de la Haute Autorité de la santé (HAS) en France.
« La liposuccion reste un acte chirurgical qui, comme toutes les autres chirurgies, peut avoir des complications », explique le Dr Bishara Atiyeh, ancien président de la LSPRAS, au cours d’une conférence organisée hier au siège de l’ordre des médecins à Téhouita.
« Depuis quelques années, on joue sur ce fait, faisant à cet effet croire à tort aux femmes qu’il existe des techniques qui leur permettent de se débarrasser de la graisse sans avoir à “subir une chirurgie”, poursuit le Dr Atiyeh. Or nous savons que ces techniques alternatives constituent un réel danger. Malheureusement, la science ne peut pas faire la concurrence au commerce. C’est la raison pour laquelle nos mises en garde faisaient long feu. »
Aujourd’hui, la LSPRAS a décidé de faire entendre sa voix de nouveau, « car elle ne peut plus cautionner par le silence une pratique déontologiquement réprouvable ». Pour ce faire, elle s’appuie sur le rapport récent de la HAS et sur le décret publié le 11 avril 2011 par le Premier ministre français, François Fillon, et le ministre français du Travail, de l’Emploi et de la Santé, Xavier Bertrand, en vertu duquel la pratique d’actes de lyse adipocytaire à visée esthétique sont désormais interdites en France.
« Il y a deux semaines, les Pays-Bas ont interdit à leur tour ces techniques, allant même jusqu’à imposer des amendes aux médecins qui ne se conforment pas à cette décision et leur interdire d’exercer », note le Dr Atiyeh. Une décision qui a également été adoptée par la Société internationale de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique. Quant à la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis, elle « réprime à son tour ces techniques de lipolyse ».

Les techniques de lyse adipocytaire
Qu’est-ce que les techniques de lyse adipocytaire à visée esthétique ? « Il s’agit de techniques qu’on essaie de commercialiser comme étant non invasives et sans complications et qui permettent à la femme de se débarrasser définitivement de la graisse », explique le Dr Atiyeh.
La HAS les divise en deux catégories. Les techniques non invasives dans lesquelles « on a recours à des agents physiques externes comme la radiofréquence, le laser, les infrarouges, les ultrasons focalisés ». Selon la HAS, ces techniques ne sont pas « réellement adipocytolytiques », c’est-à-dire qu’elles ne détruisent pas réellement la graisse et « présentent une suspicion de danger grave pour la santé ».
Les techniques invasives sont, quant à elles, « associées à une effraction cutanée, avec introduction d’un agent chimique et/ou thermique dans le tissu adipeux ». Il s’agit de techniques de lyse adipocytaire par injection d’une solution hypo-osmolaire, c’est-à-dire d’une solution qui contient de l’eau distillée et d’autres agents, de lyse adipocytaire par injection d’un produit lipolytique ou mésothérapie, de lyse adipocytaire par laser et de la carboxythérapie (injection de gaz carbonique en sous-cutané).
Ces techniques sont « dangereuses » et représentent de nombreuses complications qui peuvent varier d’un simple érythème jusqu’à une intervention chirurgicale réparatrice, en passant par des brûlures, nécroses cutanéo-graisseuses, symptômes septiques, nodules, infections mycobactériennes sévères, conclut le rapport de la HAS.
« Notre but n’est pas de créer une panique, mais de sensibiliser l’opinion publique à la dangerosité de ces techniques », insiste pour sa part le Dr Nabil Hokayem, président de la LSPRAS, soulignant que ces techniques « ne peuvent pas remplacer une liposuccion classique ». Il met l’accent par ailleurs sur la nécessité de recourir à des spécialistes de la chirurgie esthétique et reconstructrice et non aux « esthéticiennes » ou à des personnes d’autres « spécialisations » qui empiètent sur le domaine. Il est possible à cet effet de consulter le site de la LSPRAS à l’adresse www.lspras.com
Le président de l’ordre des médecins, le Dr Charaf Abou Charaf, a quant à lui encouragé les patients qui se sentent victimes d’une faute médicale à ne pas hésiter à recourir à l’ordre. Il a souligné dans ce cadre que cette année, trois médecins ont été suspendu d’exercice durant un mois suite à une erreur médicale.


N. M.

La Société libanaise de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique (LSPRAS) tire la sonnette d’alarme, mettant en garde contre les techniques de lyse adipocytaire à visée esthétique, également appelées lipolyse ou lipodissolution. Ces techniques proposées depuis quelques années aux femmes en alternative aux chirurgies visent à détruire les cellules adipeuses sans aspiration de la graisse. Or il s’agit de techniques « dangereuses », d’après un rapport de la Haute Autorité de la santé (HAS) en France.« La liposuccion reste un acte chirurgical qui, comme toutes les autres chirurgies, peut avoir des complications », explique le Dr Bishara Atiyeh, ancien président de la LSPRAS, au cours d’une conférence organisée hier au siège de l’ordre des médecins à Téhouita.« Depuis quelques années, on...
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