Des « centaines de milliers » de manifestants prorégime se sont rassemblés hier à Damas autour du « plus grand drapeau syrien », long de 2 300 mètres. Photo Reuters
Par ailleurs, selon l’agence italienne AKI, M. Assad doit prononcer aujourd’hui un discours télévisé. Le site Internet SyriaSteps, proche des autorités, a indiqué quant à lui que M. Assad s’adressera à la nation dans les heures qui viennent. Il devrait annoncer une série de mesures et de réformes qui seraient soumises à référendum, dont une importante réforme de la Constitution.
D’autre part, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a fait état hier d’exécutions sommaires, d’arrestations massives et « arbitraires », et d’un usage « excessif » de la force et de la torture depuis que les troubles ont éclaté à la mi-mars. Il a exhorté à nouveau la Syrie d’autoriser la Haut-Commissaire Navi Pillay de venir mener « une enquête sans entrave établissant les circonstances entourant les violations du droit international en matière de droits de l’homme ». À défaut, des experts des Nations unies sont arrivés dans la province turque de Hatay, où affluent des milliers de réfugiés syriens fuyant la répression, pour « enquêter sur les exactions » en Syrie. Plus de 8 500 Syriens ont trouvé asile en Turquie. Une fois franchie la frontière turque, ils sont dirigés vers des camps dressés par le Croissant-Rouge. Hier, la Turquie construisait deux nouveaux camps à sa frontière pour y accueillir les réfugiés syriens qui continuent à affluer en nombre.
Ankara continue également d’être en première ligne sur le front diplomatique. Un émissaire de M. Assad, Hassan Turkmani, devait être reçu hier par le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Entre-temps, la France continue de militer auprès des 14 autres membres du Conseil de sécurité de l’ONU afin d’obtenir une majorité de 11 voix pour voter un projet de résolution condamnant la répression en Syrie, la Russie et la Chine y étant strictement opposées.
Mais ces initiatives n’ont aucunement freiné la détermination de Damas à mater la révolte. L’armée poursuit en effet son ratissage dans le gouvernorat d’Idleb, notamment à Ariha et Maarret el-No’man dans les environs de Jisr el-Choughour, selon un militant des droits de l’homme. Des milliers de civils ont fui hier Maarret el-No’man, de crainte d’une offensive de l’armée. Selon les témoins, l’armée empêche la population de quitter le gouvernorat d’Idleb, tirant sur ceux qui risqueraient de déjouer les points de contrôle militaires. Les blindés de l’armée se sont également déployés dans l’Est, à Deir ez-Zor et autour d’Albou Kamal, à la frontière avec l’Irak. La mobilisation de l’armée ne dissuadait toutefois pas les opposants de continuer à manifester : des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Hama, Deraa, Saqba et Maadmiya notamment, selon des militants des droits de l’homme et des sites Internet.
(Source : agences
et rédaction)


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