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Moyen Orient et Monde - Conflit

Clinton exhorte l’Afrique à laisser tomber Kadhafi

Hillary Clinton a exhorté hier les dirigeants de l’Afrique à retirer leur soutien à leur homologue libyen Mouammar Kadhafi. Entre-temps, les combats entre les forces loyalistes et les rebelles font rage à travers la Libye, notamment sur la ligne de front entre Ajdabiya et Brega.

Des rebelles libyens montent la garde à Zlitane, quelques kilomètres à l’ouest de Misrata. Ils ont réussi une petite percée face aux soldats du régime et tentent de maintenir leurs positions.Zohra Bensemra/Reuters

Les pressions sur le régime libyen se sont encore accentuées hier avec l’Allemagne ayant rejoint le club des pays reconnaissant l’organe des rebelles comme « représentant légitime » et Washington appelant l’Afrique à se mobiliser pour le départ du colonel Mouammar Kadhafi.
Lors d’une visite à Benghazi, « capitale » de la rébellion dans l’est de la Libye, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a affirmé que M. « Kadhafi a perdu toute légitimité ». Berlin reconnaît « le Conseil national de transition (CNT, comme) le représentant légitime du peuple libyen », a-t-il indiqué après des entretiens avec des responsables du CNT, dont Ali al-Essaoui, en charge des Affaires étrangères. « Nous souhaitons une Libye libre, en paix et démocratique, sans Kadhafi », a poursuivi le ministre, qui a aussi annoncé l’ouverture d’une représentation diplomatique allemande dans le fief des rebelles. Après les Émirats arabes unis dimanche, l’Allemagne est devenue le 13e pays à reconnaître le CNT. Le ministre a défendu la position de l’Allemagne sur la non-intervention militaire contre les forces de Kadhafi. Il a ajouté que son pays voulait « faire avancer le pays » en contribuant à sa « reconstruction », le ministre de la Coopération économique et du Développement, Dirk Niebel, indiquant que Berlin était prêt à débloquer 10 millions d’euros. « Nous saluons la reconnaissance de l’Allemagne, qui va sans aucun doute stimuler le soutien international à la révolte libyenne », a affirmé le président du CNT, Moustafa Abdel Jalil, en visite en Jordanie. « De tels gains politiques sont essentiels pour la révolte et pour prouver que le régime de Kadhafi est fini », a-t-il ajouté.
La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a, pour sa part, appelé l’Afrique à faire pression pour un départ du colonel Kadhafi. « Je demande à tous les États africains de faire pression pour la mise en œuvre d’un véritable cessez-le-feu et appeler Kadhafi à quitter le pouvoir », a-t-elle ainsi déclaré à Addis-Abeba. Elle a appelé les pays du continent « à suspendre les activités des ambassades » fidèles au régime de Tripoli et « à expulser les diplomates pro-Kadhafi » en poste dans ces pays.
Dimanche, le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, a de nouveau affirmé qu’il ne cédera pas d’un pouce, malgré les défections et la multiplication des appels internationaux, notamment celui de la Russie, pourtant son ancien allié, qui doit envoyer la semaine prochaine un émissaire à Tripoli. « Je ne suis ni Premier ministre, ni président, ni roi. Je n’occupe aucun poste en Libye. C’est pourquoi je ne dois renoncer à aucune fonction », a déclaré le colonel Kadhafi, selon les propos rapportés par le président russe de la Fédération internationale des échecs, Kirsan Ilioumjinov. Les deux hommes se sont rencontrés à Tripoli où ils ont joué aux échecs.
Entre-temps, les combats entre les forces loyalistes et les rebelles font rage à travers la Libye. Dans l’Est, les rebelles tentent de prendre Brega, site pétrolier stratégique que défendent entre 5 000 et 6 000 soldats loyalistes. Selon un commandant de la rébellion, 21 rebelles ont été tués hier par les pro-Kadhafi dans ces combats sur la ligne de front à mi-chemin entre Ajdabiya et Brega. « Nos hommes ont été piégés. Les soldats de Kadhafi ont fait semblant de se rendre, ils sont arrivés avec un drapeau blanc, puis ils leur ont tiré dessus », a affirmé Moussa el-Mograbi, joint par téléphone depuis Benghazi. L’OTAN affirme avoir frappé cinq cibles dans cette zone et le régime assure, lui, que la petite « centaine » de rebelles ne gagne pas de terrain. À Zawiyah, ville côtière à 40 km à l’ouest de la capitale, des combats ont lieu depuis samedi, date à laquelle les insurgés affirment avoir repris une partie de la cité, contrôlée depuis mars par les forces gouvernementales. Dans les montagnes berbères de l’Ouest, la région du Jebel Garbi, au moins neuf rebelles sont morts et une cinquantaine ont été blessés dimanche.
Le conflit a fait depuis le 15 février entre « 10 000 et 15 000 » morts, selon l’ONU, et obligé près de 952 000 personnes à prendre la fuite, selon l’Organisation internationale pour les migrations.
(Source : AFP)
Les pressions sur le régime libyen se sont encore accentuées hier avec l’Allemagne ayant rejoint le club des pays reconnaissant l’organe des rebelles comme « représentant légitime » et Washington appelant l’Afrique à se mobiliser pour le départ du colonel Mouammar Kadhafi.Lors d’une visite à Benghazi, « capitale » de la rébellion dans l’est de la Libye, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a affirmé que M. « Kadhafi a perdu toute légitimité ». Berlin reconnaît « le Conseil national de transition (CNT, comme) le représentant légitime du peuple libyen », a-t-il indiqué après des entretiens avec des responsables du CNT, dont Ali al-Essaoui, en charge des Affaires étrangères. « Nous souhaitons une Libye libre, en paix et démocratique, sans Kadhafi », a poursuivi...
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