L’Allemagne a clairement désigné vendredi des graines germées comme source de l’épidémie de diarrhée qui a fait 33 morts en Europe. Wolfgang Rattay/Reuters
Riches en vitamines et minéraux, les graines germées de lentilles, luzerne, soja, etc. sont devenues populaires dans la restauration. Elles sont servies notamment dans les salades et les sandwichs. Mais elles sont élevées dans la chaleur et l'humidité et des chercheurs y voient des vecteurs de bactéries pathogènes, comme l'Eceh et la salmonelle. À cette forte présomption statistique est venue s'ajouter la première identification formelle de la souche 0104 à l'œuvre en Allemagne, dans un paquet de graines provenant manifestement de l'exploitation du nord du pays soupçonnée depuis plusieurs jours d'être à l'origine de la contamination. Ce paquet se trouvait dans la poubelle d'une famille dont deux membres avaient été malades après avoir été infectés par la bactérie, a précisé le ministère de la Consommation de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Ouest).
Jusqu'ici, les analyses « multiples » autour de l'exploitation agricole biologique suspecte à Bienenbüttel (Nord) n'avaient pas prouvé la présence irréfutable de la bactérie. En revanche, comme des milliers d'analyses réalisées sur des tomates, des concombres et des salades se sont révélées négatives, l'alerte lancée le 25 mai en Allemagne contre ces aliments a été levée. « C'est une bonne nouvelle pour les maraîchers allemands et européens », a réagi le président de la Fédération des agriculteurs allemands, Gert Sonnleitner.
Cette alerte décrétée face à l'extension de l'épidémie a durement touché les agriculteurs européens, dont les marchandises ont été boudées. Les producteurs espagnols, incriminés à tort au début de la crise, disent avoir perdu 225 millions d'euros par semaine. Leurs homologues allemands chiffrent à 60 millions d'euros leur manque à gagner depuis le lancement de l'alerte. L'Union européenne a proposé une aide de 210 millions d'euros aux agriculteurs touchés. La Russie va lever l'embargo qu'elle avait décrété sur les importations de légumes de l'UE, a annoncé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
Selon les autorités sanitaires allemandes, il semble que « la source de la contamination ne soit plus active » et « les chiffres de nouveaux malades contaminés baissent », même si « l'épidémie n'est pas terminée ». Trois nouveaux décès ont toutefois été annoncés hier, portant à 33 morts le bilan de l'épidémie. Environ 3 000 malades ont été recensés dans 14 pays en cinq semaines. Des dizaines d'entre eux avaient apparemment consommé des produits de l'exploitation de Bienenbüttel, selon le ministre de l'Agriculture de Basse-Saxe Gert Lindemann. L'entreprise a été fermée.
(Source : AFP)

