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Moyen Orient et Monde - Révolte

Le régime syrien soumis à de fortes pressions internationales

De nouvelles manifestations sont prévues aujourd'hui sous le slogan « Vendredi des tribus ».
Le régime syrien était soumis hier à des pressions internationales accrues pour stopper la répression sanglante du mouvement de contestation. À New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a commencé à débattre d'un projet européen de résolution condamnant la répression en Syrie, qui a obtenu l'appui des États-Unis. La Russie a répété qu'elle y était opposée. « La situation (en Syrie) ne représente pas une menace pour la sécurité et la paix dans le monde » et une telle résolution « pourrait entraîner une escalade encore plus grande de la situation intérieure », a souligné un porte-parole des Affaires étrangères. La Chine a jugé pour sa part qu'il « n'y avait aucune raison d'adopter une résolution », sans préciser si elle prévoyait de voter contre la résolution ou de s'abstenir. « L'attitude de la Syrie est inacceptable. On ne peut pas continuer à massacrer les populations civiles au prétexte que ces populations aspirent à plus de liberté et plus de démocratie », a rétorqué le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. Il a exprimé l'espoir que le projet de résolution serait « soumis au vote du Conseil de sécurité des Nations unies dans les jours qui viennent ».
« La Syrie condamne avec force les déclarations de M. Alain Juppé dans lesquelles il détermine la légitimité des responsables des différents pays », a rétorqué le ministère syrien des Affaires étrangères. « Les déclarations de M. Juppé évoquent un retour à l'époque révolue du colonialisme et des mandataires », a-t-il continué, ajoutant que la Syrie « est décidée à poursuivre les réformes sous la direction du président Bachar el-Assad ».
De son côté, le Vatican s'est montré très préoccupé par l'évolution imprévisible au Proche-Orient, craignant particulièrement une déstabilisation de la Syrie, pays-clé où vit jusqu'ici en paix une importante minorité chrétienne. Au nouvel ambassadeur syrien auprès du Saint-Siège, Husan Edin Aala, Benoît XVI a tenu des propos très directs pour demander à M. Assad de « tenir compte des aspirations de la société civile ainsi que des instances internationales ». Damas, a encore dit le pape, doit « reconnaître la dignité inaliénable de la personne humaine », clé de « l'unité et de la stabilité », et promouvoir de « véritables réformes ». Condamnant implicitement la répression, Benoît XVI a souhaité que « ces évolutions ne se réalisent pas en termes d'intolérance, de discrimination ou de conflit, et encore moins de violence ». « La Syrie a traditionnellement été un exemple de tolérance et de relations harmonieuses entre chrétiens et musulmans », a-t-il rappelé.
Pour leur part, les militants prodémocratie ont appelé à une nouvelle journée de manifestations aujourd'hui, exhortant les tribus à se mobiliser contre le régime. « Les tribus soutiennent tout révolutionnaire. Le peuple veut faire chuter le régime (de manière) pacifique et sous la bannière de l'unité nationale », affirme la page Facebook de « Syrian Revolution 2011 », moteur du mouvement, en présentant la journée comme le « Vendredi des tribus ». Les tribus de Haurane, une région incluant les villes de Deraa et Soueida, ont, elles, souligné leur « soutien à la révolution » également sur cette page. « Nous exhortons les tribus à Alep, Deir ez-Zor, Raqa, Homs, à se tenir avec nous pour faire partir ce régime », affirment-elles. Les tribus en Syrie ont un poids social important.
Mais le régime Assad persiste dans sa volonté d'écraser toute contestation. Selon un militant des droits de l'homme, au moins 60 camions transportant des chars et des blindés ainsi que plus de 10 véhicules de transport de troupes sont partis mercredi soir d'Alep en direction de Jisr al-Choughour. Un manifestant a été tué et six ont été blessés sur la route principale Alep-Idleb alors qu'ils jetaient des pierres sur le convoi, a-t-il ajouté. D'après des habitants, une quarantaine de chars et de véhicules de transport de troupes se sont déployés à environ sept kilomètres de Jisr al-Choughour. Rami Abdoulrahmane, de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, affirme qu'au moins 15 000 militaires ont été déployés dans les environs de la ville.
Au-delà de la région de Jisr al-Choughour, des troubles persistent à travers le pays. L'armée patrouillait à Homs, au lendemain de la mort d'un civil tué par les forces de sécurité alors qu'il participait à une manifestation de solidarité avec Jisr al-Choughour ayant réuni 5 000 personnes, selon des opposants. À Hama, où 70 manifestants auraient été tués vendredi dernier, des opposants ont défilé sous des banderoles avec l'inscription : « Nous continuerons de répondre à vos balles avec des fleurs. » À Deir ez-Zor, des manifestants ont brûlé deux bâtiments du parti Baas.
(Source : agences)
Le régime syrien était soumis hier à des pressions internationales accrues pour stopper la répression sanglante du mouvement de contestation. À New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a commencé à débattre d'un projet européen de résolution condamnant la répression en Syrie, qui a obtenu l'appui des États-Unis. La Russie a répété qu'elle y était opposée. « La situation (en Syrie) ne représente pas une menace pour la sécurité et la paix dans le monde » et une telle résolution « pourrait entraîner une escalade encore plus grande de la situation intérieure », a souligné un porte-parole des Affaires étrangères. La Chine a jugé pour sa part qu'il « n'y avait aucune raison d'adopter une résolution », sans préciser si elle prévoyait de voter contre la résolution ou de s'abstenir....
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