Rechercher
Rechercher

Liban

Berry convoque de nouveau la Chambre sur fond de querelle constitutionnelle

Pour M. Khalifé, le président de la Chambre n’a fait que respecter la Constitution.

Le président de la Chambre, Nabih Berry, a fixé au mercredi 15 juin la date de la réunion parlementaire qu'il reste déterminé à convoquer et dont le caractère constitutionnel demeure fortement contesté dans les milieux du 14 Mars.
Des députés de la nouvelle opposition ont formellement rejeté l'argumentation développée par M. Berry, reprochant à ce dernier d'interpréter la Constitution à sa guise. Membre du bloc parlementaire du Futur, Ziad Kadri, a ainsi « relevé une contradiction dans ses positions », en rappelant sa réponse à une question de la presse, le 20 avril dernier à Baabda, et en insistant sur le fait que le journaliste l'interrogeait « sur le point de savoir pourquoi il ne convoquait pas une réunion parlementaire à la demande du général Michel Aoun, et n'avait pas abordé la question d'un débat de politique générale ».
Relevant ensuite que 12 textes de lois étaient supposés être examinés par la Chambre avant la démission du gouvernement, M. Kadri, qui était interviewé par le site d'informations, Now Lebanon, a trouvé « curieux l'enthousiasme soudain de M. Berry à convoquer la Chambre ». Il a rejeté l'argument selon lequel le Parlement s'était réuni alors que le gouvernement de Rachid Karamé était démissionnaire, en rappelant qu'à l'époque, le président Amine Gemayel « n'avait pas accepté cette démission ». Le député s'est dit surpris que « le président de la Chambre puisse encore donner des leçons de démocratie, alors qu'il est responsable avec son allié, le Hezbollah, de toutes les altérations de notre système démocratique, à cause de la menace des armes utilisées tantôt pour imposer de nouvelles donnes politiques et tantôt pour changer les résultats des élections législatives ».
Son collègue, Ammar Houri, a pour sa part considéré dans une déclaration à la Future News TV que M. Berry « a essayé mercredi de convaincre les autres d'un point dont il n'est même pas convaincu », avant de rappeler également ses déclarations passées au sujet de la tenue d'une réunion parlementaire alors que le gouvernement est démissionnaire. Des propos également tenus par le député Antoine Zahra, qui a jugé inadmissbile qu'« une seule partie s'arroge le droit d'interpréter la Constitution ». M. Zahra qui s'exprimait aussi à la Future News TV a estimé que « la Chambre présidée par M. Berry s'est retournée contre l'accord de Taëf parce qu'elle s'est arrogé le droit d'interpréter la Constitution au lieu de confier cette prérogative au Conseil constitutionnel ». Il a cité un dicton libanais pour expliquer le fait que M. Berry explique à sa guise la Loi fondamentale, avant de rappeler : « Le jour où le gouvernement avait démissionné, j'étais chez le président de l'Assemblée pour discuter avec lui de la possibilité de convoquer une réunion parlementaire. Il m'avait annoncé qu'il avait l'intention de réunir le Parlement avant le 25 du même mois, tout en prenant soin d'ajouter : à moins que le gouvernement ne démissionne, ce qui est on ne peut plus éloquent. »

« Débattre de la crise sans légiférer »
Et d'ajouter : « Si la réunion parlementaire souhaitée par M. Berry se tient et si le président décide de renvoyer à l'Assemblée un texte de loi, il doit, conformément à la Constitution, le renvoyer après une entente à ce sujet avec le Conseil des ministres. Mais où est le gouvernement dans ce cas ? » « C'est cette entorse aux lois et aux prérogatives de chaque pouvoir que le 14 Mars est en train de soulever », a-t-il poursuivi, en insistant sur le fait qu'en présence d'un gouvernement démissionnaire, le Parlement peut se réunir pour débattre de la crise politique, mais pas pour légiférer.
Le député a en outre reproché au chef de l'autorité législative de s'être « moqué de ceux qui, à l'instar de MM. Farid Makari et Walid Joumblatt, avaient annoncé qu'ils assisteront à la réunion si son ordre du jour porte seulement sur la prorogation du mandat du gouvernorat de la Banque du Liban ». Il lui a rappelé qu'il avait lui-même annoncé le premier qu'il voulait convoquer une réunion parlementaire « pour discuter seulement des dossiers de la Banque centrale et des prisons ».
Reçus à tour de rôle par le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, les ministres sortants de l'Environnement, Mohammad Rahhal, et de la Santé, Mohammad Khalifé, ont bien entendu tenu des propos contradictoires. Pour M. Rahhal, « la nouvelle majorité provoque des crises pour détourner l'attention de son incapacité à former un gouvernement ». Pour M. Khalifé, « toutes les actions du président de la Chambre sont constitutionnelles ». « Le principe de la séparation des pouvoirs est essentiel dans notre système. Nous ne pouvons pas, à des fins partisanes ou autres, considérer qu'une chose n'est pas permise à un moment donné, puis décider qu'elle peut être autorisée », a déploré M. Rahhal. « Un problème au niveau d'une institution ne bloque pas l'action des autres. Au contraire, il est nécessaire à ce moment-là de recourir aux compétences constitutionnelles les plus larges », a souligné M. Khalifé.
Le président de la Chambre, Nabih Berry, a fixé au mercredi 15 juin la date de la réunion parlementaire qu'il reste déterminé à convoquer et dont le caractère constitutionnel demeure fortement contesté dans les milieux du 14 Mars.Des députés de la nouvelle opposition ont formellement rejeté l'argumentation développée par M. Berry, reprochant à ce dernier d'interpréter la Constitution à sa guise. Membre du bloc parlementaire du Futur, Ziad Kadri, a ainsi « relevé une contradiction dans ses positions », en rappelant sa réponse à une question de la presse, le 20 avril dernier à Baabda, et en insistant sur le fait que le journaliste l'interrogeait « sur le point de savoir pourquoi il ne convoquait pas une réunion parlementaire à la demande du général Michel Aoun, et n'avait pas abordé la question d'un débat de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut