Al Di Meola, un virtuose de la musique. (Press Photo)
Son nom a été longtemps associé au jazz et au rock. Ce natif de Jersey City a en effet entamé son ascension avec le groupe mythique de Chick Corea, Return to Forever, avec lequel il a enregistré trois albums. Puis il s'est lancé dans une carrière solo, sa technique particulière (éblouissante, disons-le sans ambages) sur guitare électrique et acoustique combinée à des mélodies lyriques et un rythme syncopé complexe lui valent la reconnaissance des critiques. Ses premiers albums, Mediterranean Sundance ou Elegant Gpsy, avaient eu une grande influence sur d'autres guitaristes de jazz et de rock. À partir des années 90, Di Meola se lance dans les expérimentations et acquiert un style plus proche de la world music et du latin moderne que du jazz.
Al, qui ne renie pas ses origines italiennes, aime à dire qu'il se sent avant tout profondément méditerranéen. Donc rien d'étonnant que sa guitare rappelle parfois l'Andalousie. Et puis, il ne faut pas oublier non plus sa longue collaboration avec Paco de Lucia dans le fameux trio avec John Mc Laughlin, un groupe qui donnait le «la» dans le domaine du jazz durant plus d'une décennie.
Après trois disques d'or et plus de six millions d'albums vendus à travers le monde, le guitariste continue d'explorer les influences du flamenco, des musiques latines, du Moyen-Orient et d'Afrique au fil de ses concerts métissés, avec des morceaux fortement orientés tango, en hommage à la musique de Piazolla. «Je cherche à m'exprimer avec moins de technique et davantage de profondeur. Pour y parvenir, je me tourne vers la musique de l'Argentin Astor Piazzola. L'univers du tango permet des rythmes hyper-syncopés. L'introduction d'un accordéon rend les sonorités plus variées», dira le musicien à plus d'une occasion.
En tournée actuellement pour la promotion du CD de sa propre formation, le World Sinfonia Band, intitulé Pursuit of Rhadical Rhapsody, il a ainsi fait une escale beyrouthine, accompagné de ses inséparables acolytes: Kevin Siddiki (2e guitare) et Fausto Beccalossi (accordéon). Et, heureuse surprise, le Libanais et talentueux Khaled Yassine aux percussions. Tout de blanc vêtu, chemise grande ouverte pour affirmer le style décontracté, il offre au public du BMAF un étonnant mélange de musiques diverses à travers des compositions riches, fines et enthousiasmantes. Musicien appliqué et sérieux, Al Di Meola ne prend pas la peine de présenter les morceaux de son programme. Mais il prendra maintes fois le micro pour lancer des blagues, des piques visant notamment Lady Gaga.
Un concert bien enlevé, en somme, caractérisé par une belle harmonie entre les musiciens qui offrent en final une énergique interprétation du mythique Saturday Night In San Francisco.

