Au cours d'une conférence de presse sur la place du Changement, où campent les protestataires, un autre groupe a réclamé la création rapide d'un Conseil présidentiel transitoire qui formerait un gouvernement de technocrates, amenderait la Constitution et superviserait l'organisation d'élections.
À Riyad, un responsable saoudien a par ailleurs déclaré que M. Saleh était dans un « état stable ». Ce responsable a qualifié d'« infondées » les informations de presse évoquant une détérioration de l'état de santé de M. Saleh. Une source diplomatique yéménite, citée par le quotidien saoudien al-Watan, avait déclaré que M. Saleh était toujours en soins intensifs, sous bonne garde. « Sa vie avait été en grand danger en raison d'un éclat qu'il a gardé près du cœur dans le corps pendant deux jours », avait ajouté cette source au journal.
Par ailleurs, le chef d'état-major interarmées américain, Michael Mullen, en visite au Caire, a prévenu qu'el-Qaëda dans la Péninsule arabique (Aqpa), basée au Yémen, était « incroyablement dangereuse » et que le chaos actuel au Yémen rendait l'organisation « encore plus dangereuse ». Le numéro deux d'el-Qaëda, Ayman Zawahiri, a d'ailleurs appelé les Yéménites à poursuivre leur révolte pour établir « un régime qui appliquera la charia », dans une vidéo diffusée hier sur Internet.
Cette crainte était palpable sur le terrain ; à Zinjibar, dans le sud du pays, les rues étaient toujours le théâtre de violents combats entre forces gouvernementales et activistes islamistes, a rapporté hier un responsable local. Les autorités et des habitants décrivent des scènes « d'enfer ». « L'armée et des hommes armés jouent au chat et à la souris dans les rues », a rapporté par téléphone un habitant, Khaled Abboud. « Il y a dans l'air une odeur de poudre et de sang. Je n'étais resté que pour protéger ma maison, mais maintenant je veux sortir de cet enfer. »
Dans la capitale yéménite, une trêve conclue entre les forces de Saleh et les combattants de cheikh Sadek el-Ahmar, chef de la puissante fédération tribale Hached, semble tenir. Toutefois, les traces des violences étaient visibles, une trentaine de corps, selon des témoins, ont été retirés des décombres des combats ayant opposé l'armée et des éléments tribaux à Sanaa et qui ont fait au moins 300 morts depuis le 23 juin.
(Source : agences)

