« La révolution et la Tunisie ont une réputation que nous devons protéger », a dit le Premier ministre Essebsi lors d’une réunion avec des partis politiques. Fethi Belaid/AFP
Cette élection cruciale, qui aura valeur de test pour la transition démocratique de ce pays sorti en janvier d'une dictature, promet d'être suivie attentivement par la communauté internationale.
L'élection de l'Assemblée constituante était prévue le 24 juillet. Mais la commission électorale avait demandé un report au 16 octobre, contre l'avis initial du gouvernement et de certains partis, en affirmant avoir besoin de ce délai pour organiser une élection crédible et transparente. « Nous avions un choix : dissoudre la commission (électorale), revenir à des élections organisées par le ministère de l'Intérieur et retomber dans les tares de l'ancien régime, ou garder la commission. Nous avons donc décidé de la garder », a ajouté le Premier ministre.
M. Essebsi a également demandé aux Tunisiens de « rompre définitivement avec toutes les formes de grèves et de protestations » pour tenir les élections dans de bonnes conditions, en rappelant que le pays traversait des difficultés économiques depuis la révolte populaire de décembre et janvier et le début du conflit en Libye en février.
Après d'âpres négociations ces dernières semaines avec le gouvernement, la majorité des partis politiques se sont inclinés mercredi face au report. Jusqu'alors partisan du respect de la date du 24 juillet, l'influent mouvement islamiste Ennahda (Renaissance) est « d'accord avec la date annoncée par le Premier ministre », a déclaré un de ses membres fondateurs, Nourredine Bhiri. « Le plus important est de redonner une légitimité populaire au pouvoir », aux mains d'un gouvernement provisoire depuis la chute du président Zine el-Abidine Ben Ali le 14 janvier, a précisé ce cadre du parti islamiste, légalisé le 1er mars dernier et crédité de fortes intentions de vote par les experts.
D'autres grandes formations politiques, le Parti démocratique progressiste (PDP) et le parti Ettajdid (ex-communiste), avaient déjà accepté de voir les élections repoussées à octobre. Les petits partis, créés dans la foulée de la chute du régime, étaient depuis le début favorables à un report pour mieux se préparer aux élections. La commission électorale indépendante, elle, s'est félicitée d'avoir obtenu gain de cause. La date du 23 octobre « donnera un peu plus de temps pour mieux préparer les élections », a déclaré son président Kamel Jendoubi.
Ce scrutin doit déboucher sur la mise en place d'une Assemblée constituante, qui sera chargée de rédiger une nouvelle Constitution en remplacement de celle de l'ancien régime et de désigner un nouveau gouvernement provisoire. L'Assemblée déterminera elle-même la durée de son mandat, selon M. Jendoubi. « Six mois est une période raisonnable », a-t-il jugé.
(Source : AFP)

