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Couverture spéciale de la révolte en Syrie - Sur Le Terrain

La révolte frappe de plein fouet les forces de l’ordre

De violents affrontements entre policiers et « groupes armés » ont fait hier 120 tués parmi les agents des forces de l'ordre à Jisr al-Choughour, au nord-ouest de la Syrie. Damas a promis de ne pas rester les « bras croisés » et de réagir avec « fermeté ».
Théâtre d'un ratissage de l'armée depuis samedi, la ville de Jisr al-Choughour (nord-ouest de la Syrie) a été le théâtre hier de violents affrontements entre policiers d'un côté et « groupes armés » de l'autre, a affirmé la télévision officielle, faisant état de 120 agents tués, dont 80 au QG de la Sécurité. « Les groupes armés commettent un véritable massacre. Ils ont mutilé les cadavres et jeté d'autres dans (le fleuve) Oronte », a indiqué la chaîne syrienne, parlant d'édifices gouvernementaux brûlés dans cette localité du gouvernorat d'Idleb, à 330 km au nord de Damas. « Des bandes munies d'armes de moyen calibre et de grenades ont utilisé les habitants comme des boucliers humains », a dit la chaîne. « Les policiers et les agents de sécurité font face à des centaines d'hommes armés. Ils ont réussi à (libérer) un des quartiers contrôlés par les hommes armés », a affirmé en outre la télévision. Elle avait auparavant décrit une « embuscade » qui a coûté la vie à 20 policiers et une explosion dans le bâtiment de la poste ayant fait huit morts dans les rangs des forces de l'ordre.
Commentant ces événements, le ministre de l'Intérieur, Mohammad Ibrahim al-Chaar, a averti à la télévision que « l'État agira avec fermeté, avec force et conformément à la loi et il ne restera pas les bras croisés face aux attaques armées qui portent atteinte à la sécurité de la patrie ».
Interrogés par téléphone depuis Nicosie, des militants syriens ont fait état d'une « mutinerie » dans les rangs des forces de sécurité de la ville. « Des tirs suivis d'une explosion ont été entendus dans le quartier général de la Sûreté militaire, apparemment à la suite d'une mutinerie », a indiqué un de ces militants, précisant que tout avait commencé dimanche après la mort de dix manifestants tués par des tirs de « snipers » des services de sécurité. Les manifestants se sont alors rassemblés autour du QG de la Sûreté militaire. « Des tirs et ensuite une explosion ont eu lieu à l'intérieur », a-t-il affirmé. Un militant interrogé par la chaîne al-Arabiya a indiqué que des membres du Hezbolah se trouvaient parmi les forces de sécurité tuées. S'agissant de l'explosion à la poste, il a affirmé que « des hommes armés du régime avaient tiré avant-hier (samedi) sur des manifestants qui venaient de participer aux funérailles d'une personne tuée dans la ville ». « Plus de dix hommes armés sont sortis de la poste et on tiré sur la foule, tuant neuf personnes », selon lui. « De nombreux habitants ont fui la ville », a-t-il ajouté. « Je pense qu'ils ont exécuté des policiers qui ont refusé de tirer sur les manifestants (...). Il y a eu une mutinerie au sein des services de sécurité », a indiqué un autre militant, faisant état lui aussi de tirs dimanche dans le QG de la Sûreté militaire.

Violences à Yarmouk
En outre, des coups de feu ont été entendus hier dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, au sud de Damas, lors des funérailles de neuf jeunes tués la veille par des tirs israéliens alors qu'ils tentaient de franchir la ligne de cessez-le feu dans le Golan occupé. La foule a crié des slogans hostiles à la Syrie et aux chefs des organisations palestiniennes basées à Damas.
En outre, hier, six organisations des droits de l'homme en Syrie ont dénoncé « le recours excessif à la force pour disperser les rassemblements pacifiques des citoyens syriens sans armes » et ont appelé le gouvernement à « arrêter la spirale de violence et d'assassinats dans les rues syriennes ». Elles ont demandé une commission d'enquête « indépendante et transparente pour dévoiler les responsables de la violence ». Amnesty International a jugé « impératif que le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a été très silencieux sur ce sujet, vote une condamnation des massacres », l'exhortant à porter l'affaire devant la Cour pénale internationale. Selon des organisations de défense des droits de l'homme, plus de 1 100 civils ont été tués depuis le début du mouvement de révolte en Syrie.
Ce mouvement se poursuivait hier. Selon des sites Internet, des dizaines de personnes manifestaient hier à Damas proclamant : « Le peuple syrien est un et uni. » Des milliers d'autres se sont rassemblés à Deir Ezzor, où des tirs intensifs étaient entendus. Mêmes scènes à Talbisseh et à Homs. À Hama, les forces de sécurité auraient arrêté des dizaines de personnes, qui seraient torturées.
Toutefois, se voulant apaisant, le régime avait annoncé dimanche dans la nuit la création d'une commission qui sera chargée d'élaborer un projet de loi sur les partis politiques, selon l'agence SANA. Le multipartisme est une revendication essentielle des opposants. Le parti Baas, au pouvoir en Syrie depuis 1963, est selon la Constitution « le dirigeant de l'État et de la société ».
(Source : rédaction et agences)
Théâtre d'un ratissage de l'armée depuis samedi, la ville de Jisr al-Choughour (nord-ouest de la Syrie) a été le théâtre hier de violents affrontements entre policiers d'un côté et « groupes armés » de l'autre, a affirmé la télévision officielle, faisant état de 120 agents tués, dont 80 au QG de la Sécurité. « Les groupes armés commettent un véritable massacre. Ils ont mutilé les cadavres et jeté d'autres dans (le fleuve) Oronte », a indiqué la chaîne syrienne, parlant d'édifices gouvernementaux brûlés dans cette localité du gouvernorat d'Idleb, à 330 km au nord de Damas. « Des bandes munies d'armes de moyen calibre et de grenades ont utilisé les habitants comme des boucliers humains », a dit la chaîne. « Les policiers et les agents de sécurité font face à des centaines d'hommes...