"Des hélicoptères de combat sous commandement de l'Otan ont été utilisés pour la première fois le 4 juin (samedi) dans des opérations militaires au-dessus de la Libye, dans le cadre de l'opération +Protecteur unifié+", a indiqué l'alliance atlantique dans un communiqué diffusé dans la nuit de vendredi à samedi.
"Parmi les cibles frappées figuraient des véhicules militaires, des équipements militaires et des forces" de l'armée du régime de Mouammar Kadhafi, a précisé le communiqué, sans indiquer où ces frappes ont précisément eu lieu.
Des hélicoptères Apache britanniques ont participé à ces attaques aériennes, a indiqué à Londres le ministère britannique de la Défense. "Nous confirmons" l'intervention des Apache, a simplement déclaré une porte-parole, sans fournir d'autres précisions sur leur nombre ou les cibles visées.
Londres, qui participe depuis le 19 mars aux opérations de la coalition internationale en Libye, avait annoncé fin mai l'envoi de quatre de ses hélicoptères de combat et leur déploiement depuis le navire HMS Ocean, un porte-hélicoptères positionné au large de la côte nord-africaine.
"Le succès" de cette opération "démontre les possibilités uniques offertes par le recours à des hélicoptères de combat", a estimé dans le communiqué le général Charles Bouchard, commandant en chef de l'opération de l'Otan en Libye.
Ce recours permet à l'Otan de disposer d'une "flexibilité supplémentaire pour repérer et s'attaquer aux forces pro-Kadhafi qui ciblent délibérément les civils et cherchent à se cacher dans des zones habitées", souligne le communiqué.
"Nous continuerons à utiliser ces moyens quand et où ce sera nécessaire, avec la même précision comme nous le faisons dans toutes nos missions", a indiqué l'officier canadien qui commande l'opération Protecteur Unifié.
Le but est "d'augmenter la pression sur les forces pro-Kadhafi", précise l'Alliance.
La résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies n'autorise pas l'envoi de troupes en Libye, mais seulement l'utilisation de tous moyens propres à empêcher les armées en présence de faire du tort aux civils.
Fin mai, le général Bouchard avait justifié le recours à ces hélicoptères par la nécessité d'avoir "une capacité supplémentaire pour cibler des véhicules beaucoup plus difficiles à voir depuis un avion à haute altitude".
Outre le Royaume-Uni, les hélicoptères en question ont été fournis par la France, qui avait confirmé dès le 23 mai sa décision de les envoyer. Des responsables militaires de l'Otan avaient précisé que les Français avaient quatre Tigre, embarqués sur le porte-hélicoptères Tonnerre.
En outre, une douzaine de Gazelle, appareils plus anciens et aussi plus rustiques, sont à bord du bateau français, avaient-ils indiqué.
Les hélicoptères fournis sont des appareils armés pour l'attaque, mais ne sont "pas en mesure d'acheminer en masse des troupes au sol", avait assuré fin mai le général Bouchard, en soulignant qu'il n'était pas dans ses intentions "d'engager des forces terrestres".
Selon des responsables militaires de l'Otan, les hélicoptères engagés en Libye ont d'abord dû être mis au point avant d'être déployés pour s'adapter aux conditions spéciales qu'ils affrontent: d'une part, l'environnement maritime et son sel et de l'autre, le désert et ses vents de sable.


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