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Moyen Orient et Monde - Yémen

Sanaa déchirée entre les combattants tribaux et les partisans de Saleh

Des milliers de combattants tribaux venus prêter main forte au puissant chef des tribus Hached,Sadek Abdallah el-Ahmar , ont renoncé à entrer dans Sanaa, alors que le président Ali Abdallah Saleh jetait de nouvelles forces dans cette bataille de la capitale qui a déjà fait 63 morts en deux jours.

De la fumée s’élève lors d’affrontements entre les forces gouvernementales et les partisans de cheikh Sadek Abdallah el-Ahmar, près de la résidence de ce dernier à Sanaa. Ammar Awad/Reuters

Des milliers de combattants tribaux ont tenté de marcher hier sur Sanaa pour prendre part aux affrontements entre les partisans du puissant chef des tribus Hached, cheikh Sadek al-Ahmar, rallié à la contestation, et ceux du président contesté Ali Abdallah Saleh. Selon des dignitaires tribaux, les milliers de combattants venus des hauts plateaux ont finalement renoncé à entrer dans la capitale. En route, ils se sont heurtés aux forces pro-Saleh à un barrage militaire à el-Azraqein, à 15 km au nord de Sanaa, selon eux. L'aviation a survolé à basse altitude ce rassemblement pour intimider les combattants armés, comme elle a franchi le mur du son au-dessus du village de cheikh el-Ahmar, Khamr, à 80 km au nord de Sanaa, ont indiqué les témoins.
Pour la troisième nuit consécutive, des affrontements violents ont fait rage entre les hommes de cheikh Ahmar et les forces du président dans le quartier d'el-Hassaba, dans le nord de Sanaa. M. Saleh a jeté dans la bataille ses « forces spéciales », bien entraînées et formées à la lutte antiterroriste, selon des témoins. « Nous avons entendu les ambulances évacuer des blessés toute la nuit, et j'ai vu un panache de fumée s'élever au-dessus du siège du Congrès populaire général », le parti au pouvoir, a indiqué un habitant qui n'osait pas sortir. Selon l'agence officielle SABA, les forces gouvernementales ont repris le contrôle de « plusieurs bâtiments publics », dont le ministère de l'Administration locale à el-Hassaba.
D'après des sources hospitalières, seize personnes dont une fillette de sept ans ont été tuées avant l'aube hier, ce qui porte à 63 morts le bilan de deux jours de combats à Sanaa. La majorité des morts sont des combattants des deux bords. « Les cadavres jonchent les rues d'el-Hassaba, mais les ambulances ne peuvent pas arriver en raison de la violence des tirs », a affirmé un médecin qui a requis l'anonymat.
Les combats dans ce quartier situé à une dizaine de kilomètres de l'aéroport international de Sanaa ont provoqué la suspension des vols alors que certains étaient déroutés sur Aden dans le Sud, selon des sources aéroportuaires. Mais le directeur de l'aéroport a démenti, selon la télévision publique, que les vols aient été suspendus et affirmé qu'ils étaient tous maintenus. Le 25 mai, l'aéroport de Sanaa avait déjà été fermé pendant quelques heures en raison de combats entre la garde républicaine et des membres d'une autre tribu hostile à M. Saleh à proximité.
À Taëz, à 270 km au sud de la capitale, des heurts ont opposé pour la première fois des hommes armés, dont l'identité n'était pas connue, aux forces gouvernementales, selon des témoins.
Le mouvement d'exode des habitants de la capitale, privée d'eau, où l'électricité est rationnée et l'essence commence à manquer, s'est accentué. « Si les combats se poursuivent, c'est la fin du Yémen », a affirmé Mohsen Sinan, un septuagénaire qui avait rassemblé les trente membres de sa famille, dont une vingtaine de petits-enfants, pour partir.
Au plan politique, le gouvernement a vaguement évoqué la possibilité de faire aboutir la médiation du Golfe proposant à M. Saleh, qui refuse jusqu'ici de l'accepter, de quitter le pouvoir. Ce plan avait été suspendu par les pays du Golfe et déclaré mort par l'opposition qui l'a signé tandis qu'il n'a jamais été accepté par les jeunes manifestants.
Dans le même temps, des appels à manifester aujourd'hui ont été lancés par les deux camps, notamment à Sanaa et à Taëz, grande ville du Sud-Ouest où un sit-in permanent a été dispersé lundi par les forces de l'ordre au prix d'une cinquantaine de morts.
(Source : AFP)
Des milliers de combattants tribaux ont tenté de marcher hier sur Sanaa pour prendre part aux affrontements entre les partisans du puissant chef des tribus Hached, cheikh Sadek al-Ahmar, rallié à la contestation, et ceux du président contesté Ali Abdallah Saleh. Selon des dignitaires tribaux, les milliers de combattants venus des hauts plateaux ont finalement renoncé à entrer dans la capitale. En route, ils se sont heurtés aux forces pro-Saleh à un barrage militaire à el-Azraqein, à 15 km au nord de Sanaa, selon eux. L'aviation a survolé à basse altitude ce rassemblement pour intimider les combattants armés, comme elle a franchi le mur du son au-dessus du village de cheikh el-Ahmar, Khamr, à 80 km au nord de Sanaa, ont indiqué les témoins.Pour la troisième nuit consécutive, des affrontements violents ont fait rage...
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