Dommage, je nous aurais bien vues, mère et fille, nous faire un dimanche aux initiales BB, bouffe et balade. La balade visant à défricher le terrain pour le gueuleton.
Quoique... Par les temps qui courent, il faut un certain courage - une certaine inconscience ? - pour oser bâfrer. Après le mouton qui tremble, le poulet grippé, la vache folle, le soja à l'ADN bidouillé, le fromage à la listeria, les œufs à la salmonelle, le vin gavé de sulfites et les fruits dopés aux pesticides et autres substances louches (en Chine, la pastèque au forchlorfenuron, un accélérateur de croissance, est explosive), voilà que le concombre nous prend des airs d'assassin.
On avait bien entendu parler du concombre masqué, mais le concombre tueur...
Le concombre tueur, sourde menace planant sur les marchés d'Europe soudain trop silencieux. Silencieux comme le vendeur de primeurs qui pourtant rivalisait, il y a une semaine encore, avec le poissonnier dans la catégorie des forts en gueule. En ce mois de mai, le vendeur de fruits et légumes a le moral en berne. À peine s'il ose alpaguer le client qui se perd dans son allée désertée. Et quand un rêveur lui demande un kilo de concombres, c'est une main hésitante que le primeur déprimé tend vers ses cucurbitacées et un regard inquiet qu'il jette à l'auteur de l'incongrue requête. En encaissant les quelques pièces de monnaie qui tomberont dans un bruit mat au fond de son tiroir-caisse en deuil, il assure à son client, dans un souffle où affleure la reconnaissance, que ses concombres ne sont ni pepino ni gurke.
Pendant des siècles, le monde dut affronter la famine. Aujourd'hui, une partie de ce monde a peur de manger. L'autre, que l'on se rassure, a toujours peur de manquer. Et ne devrait pas shifter vers la peur de manger de sitôt. Au début de l'année, 925 millions de personnes avaient faim et, selon Oxfam, « tous les signes montrent que le nombre de personnes menacées par la faim progresse ».


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef