Des membres de l’opposition syrienne manifestent contre le régime baassiste de Damas après la fin de la conférence à Antalya en Turquie. Les délégués ont « appelé à une démission immédiate du président Bachar el-Assad de toutes les fonctions qu’il occupe ».Adem Altan/AFP
Par ailleurs, les militants prodémocratie ont appelé hier à des manifestations aujourd'hui, en hommage aux « enfants de la liberté », en référence à ceux qui sont devenus des symboles de la résistance, comme Hamza el-Khatib, un garçon de 13 ans « torturé et tué », selon l'opposition par les services de sécurité à Deraa.
Bachar el-Assad avait annoncé mardi le lancement d'un « dialogue national » entre tous les courants politiques. Il a demandé aux organisateurs de « formuler les principes généraux du dialogue (...) de manière à créer un climat adéquat pour que les différents courants puissent s'exprimer et présenter leurs propositions ». Il a également proclamé une amnistie générale et des centaines de détenus ont été libérés depuis. Les autorités ont annoncé d'autres mesures comme la formation de commissions chargées d'élaborer des lois électorales, sur les partis politiques et sur la presse.
Mais les opposants syriens réunis à Antalya en Turquie depuis mercredi ont rejeté l'ouverture du régime estimant qu'elle arrivait trop tard. Les délégués de l'opposition ont exigé la « démission immédiate » de M. Assad dans une déclaration lue par les organisateurs et accueillie par une salve d'applaudissements. Dans cette déclaration, les militants ont aussi réclamé « la tenue d'élections parlementaires et présidentielle dans un délai qui ne dépassera pas un an » après la démission du président, et se sont engagés à faire leur possible « pour faire chuter le régime » syrien. Les participants à ce « Congrès pour un changement en Syrie », pour la plupart des opposants en exil, se sont en revanche opposés à « toute intervention étrangère », contrairement à la Libye. « Tout doit être fait pour préserver l'unité et l'intégrité territoriale de la Syrie », a poursuivi la déclaration.
Une cinquantaine de manifestants en faveur de Bachar el-Assad, brandissant ses posters du président syrien, ont manifesté près de l'hôtel où se tenait la conférence des opposants. « Ces gens-là sont à la solde des États-Unis et d'Israël, ils n'ont pas le droit de représenter le peuple syrien », a lancé l'un des manifestants, alors qu'ils scandaient en anglais « We love Bachar (nous aimons Bachar) ».
Sur le plan diplomatique, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé hier des « tentatives » au sein de la communauté internationale d'encourager un changement de régime en Syrie. « Nous appelons avec insistance à ce que les réformes annoncées par le président Assad soient mises en œuvre le plus tôt possible », a-t-il encore déclaré.
Hillary Clinton a, de son côté, demandé hier que la communauté internationale se montre plus unie face à la répression des révoltes par le régime de Bachar el-Assad en Syrie. « Nous n'avons pas encore l'accord de certains des autres membres du Conseil de sécurité » des Nations unies, a-t-elle noté, dans une allusion notamment à la Russie. La légitimité du gouvernement de Damas est « sinon perdue, en tout cas presque épuisée », a-t-elle ajouté.
Enfin, des experts de l'ONU spécialisés dans la prévention des génocides ont mis en garde les autorités syriennes hier contre des « attaques semblant systématiques et délibérées » contre les civils. Les conseillers spéciaux du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon chargés de la prévention des génocides et de la protection des populations civiles se sont dit « extrêmement inquiets » face au nombre de plus en plus élevé de morts dus à la « violente répression » des manifestations.
(Sources : agences)

