Un rapide coup d'œil sur l'état des forces dans la poule donne la mesure de l'enjeu de la rencontre : quatre points séparent actuellement la formation de Laurent Blanc de son futur adversaire (2e).
Autant dire qu'en cas de succès, elle effectuerait une excellente opération et pourrait d'ores et déjà réserver son prochain été en Pologne et en Ukraine.
Dès le début du rassemblement à Clairefontaine, le sélectionneur a décrété la mobilisation générale et tracé une ligne de démarcation claire entre le voyage au Belarus, capital pour le destin de cette nouvelle équipe de France, et deux amicaux en Ukraine, lundi, et en Pologne, le 9 juin, censés offrir du temps de jeu aux remplaçants.
Blanc a tout de suite saisi l'écueil qui guette ses joueurs : un « risque de décompression » après une longue saison. À cela s'ajoute « l'incohérence du calendrier international », selon ses propres mots, qui oblige les Bleus à disputer une rencontre peut-être décisive pour leur avenir alors que la plupart des championnats européens ont cessé toute activité depuis au moins deux semaines, seule la L1 ayant fermé ses portes dimanche.
La situation se complique même pour les deux leaders techniques Franck Ribéry, en congé du Bayern Munich depuis le 7 mai, et Samir Nasri, qui n'a qu'une rencontre dans les jambes en un mois.
« Récupération », « soins » et « remise en marche du moteur » ont donc été les maîtres mots de la semaine, Blanc craignant tout autant la coupure physique que psychologique de ses joueurs. Le sélectionneur n'a pas oublié la défaite concédée en septembre 2010 contre ces mêmes Biélorusses au Stade de France (1-0). Un revers qui a été effacé, les Bleus étant invaincus depuis cette date (six victoires, un nul), mais qu'il s'agit de garder en mémoire pour ne pas s'exposer à de vilaines surprises.
L'affaire des quotas à peine évacuée, le sélectionneur se passerait bien d'un nouvel aléa, sportif cette fois.
Si une interrogation plane sur l'état de forme des Bleus, Blanc peut tout de même compter sur la quasi-totalité de ses joueurs de base à l'exception de Philippe Mexès, gravement blessé au genou gauche et qui ne devrait pas retrouver la sélection avant septembre. Ce forfait préoccupe particulièrement l'ancien libero, la charnière centrale constituant à ses yeux le socle de la reconstruction de l'équipe de France après le Mondial 2010.
Au moment où le duo Mexès-Rami commençait à trouver ses marques et ses automatismes, Blanc est obligé de repartir de zéro. Sa chance est de posséder en Mamadou Sakho un recours de poids. Le défenseur parisien de 21 ans (2 sélections) incarne l'avenir et sort d'une saison prometteuse où il a fait parler sa puissance physique et son autorité dans les duels. Il se sait attendu pour sa première grande sortie sur la scène internationale.
Ce sera également le cas de Florent Malouda, qui doit se racheter après des prestations insignifiantes sur le côté gauche. Si le joueur de Chelsea souhaite en finir avec les débats récurrents le concernant, il n'a pas d'autres choix que de briller, vendredi à Minsk.
Pour Abidal, le simple fait de se retrouver sur la pelouse est déjà une victoire en soi. Opéré d'une tumeur au foie le 17 mars, le défenseur du FC Barcelone s'est spectaculairement rétabli et a soulevé samedi la Ligue des champions. N° 1 à gauche avant ce coup dur, il récupère logiquement son poste, reléguant le Mancunien Patrice Evra, son adversaire malheureux à Wembley, sur le banc.
Sans accroc en terre biélorusse, l'histoire serait encore plus belle.
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