M. Joumblatt a tenu ces propos à la suite de visites qu'il a rendues chez l'ancien Premier ministre Sélim Hoss puis chez le député Tammam Salam, allié du 14 Mars.
Chez ce dernier, il a évoqué avec nostalgie le souvenir de l'ancien Premier ministre Saëb Salam. « La vie politique à l'époque était différente de ce qu'elle est aujourd'hui. Il avait raison dans sa théorie du ni vainqueur ni vaincu, car dans ce pays, nous sommes condamnés à vivre ensemble, à nous entendre et à dialoguer. Au plus fort des querelles, le discours politique restait calme et acceptable par rapport à aujourd'hui. J'espère que nous reviendrons à ce passé authentique », a déclaré M. Joumblatt.
Niant avoir dit la veille qu'il comptait déclarer forfait, M. Joumblatt a poursuivi : « Cela n'est pas très précis. J'impute la responsabilité (du retard dans la formation du gouvernement) à la nouvelle majorité. Nous ne pouvons pas continuer dans la même voie. Le vide cède la place à l'anarchie et à la débâcle économique. »
Et d'ajouter : « Nous nous sommes entendus sur des constantes. Et ces constantes sont que la question des armes de la résistance doit être réglée par voie de dialogue et sur la base du non-recours à ces armes à l'intérieur. Nous avons aussi besoin d'appliquer les résolutions internationales, et surtout la résolution 1701. »
Chez M. Hoss, le chef du PSP a tenu un discours similaire au sujet du gouvernement. Évoquant l'affaire du ministère des Télécoms, il a souligné que même lors de la guerre civile, jamais rien de tel ne s'était passé au Liban au sein de l'appareil militaro-sécuritaire. « Il y avait un minimum de hiérarchie et de respect », a-t-il dit, se refusant à se prononcer sur les mesures disciplinaires envisagées par le président de la République à l'encontre du directeur général des FSI, le général Achraf Rifi, et espérant que « l'incident ne se reproduira plus ».
Enfin, interrogé sur les appels à amender Taëf, M. Joumblatt a dit : « Je pense que nous ne sommes pas en mesure de supporter à nouveau un amendement de l'accord de Taëf. Cet accord, nous avons mis de 1975 à 1989 pour y parvenir et je ne crois pas que nous allons entrer à nouveau dans ce cercle vicieux. Mais nous pouvons prendre en considération la nécessité de procéder par consensus au renforcement de certaines prérogatives du président de la République. »

