Des militants israéliens de droite défilant à Cheikh Jarrah, un quartier palestinien de Jérusalem. Menahem Kahana/AFP
À Cheikh Jarrah, des altercations ont éclaté entre militants israéliens de droite et de gauche, appuyés par des Palestiniens. « Terroristes », « L'OLP (Organisation de libération de la Palestine) dehors ! », criaient les uns. « Fascistes », répondaient les autres. « Criminels, fils de Hitler, partez ! Ici, c'est une terre arabe ! » hurlait une Palestinienne, alors qu'un homme hissait un drapeau palestinien sur un toit, et un autre faisait le V de la victoire. « Mort aux Arabes ! » criait alors la foule.
Des scènes similaires se sont produites près de la porte de Damas, principal accès à la Vieille Ville, où la police israélienne, qui avait mobilisé 3 000 hommes, est intervenue pour séparer des manifestants juifs et des commerçants palestiniens. Un photographe de l'AFP a vu des manifestants israéliens lancer des projectiles sur des Palestiniens, dont plusieurs ont répliqué par des jets de pierres. « En tout, les jets de pierres ont fait trois blessés, deux Israéliens et un Arabe », a indiqué M. Rosenfeld, qui a fait état de « 12 personnes interpellées lors d'incidents mineurs » : six Palestiniens, cinq Israéliens, dont deux militants de gauche et un touriste.
Les manifestants, en grande majorité des jeunes, arborant des drapeaux israéliens, ont occupé la principale artère de Jérusalem qui longe la ligne verte séparant les secteurs occidental et oriental de la ville. À leur approche, les commerçants palestiniens fermaient boutique de crainte d'affrontements.
« Jérusalem ne sera jamais plus divisée », a réaffirmé mardi soir le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une visite au Merkaz Ha Rav, un institut talmudique, qui sert de point d'ancrage à la mouvance religieuse nationaliste.
Parallèlement, sur le plan diplomatique, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a affirmé que son pays est convaincu que « le statu quo au Proche-Orient serait une grave erreur ». « Tout change dans cette région, en Égypte, en Syrie, il faut donc bouger, il faut reprendre l'initiative », a déclaré M. Juppé après un entretien avec le président palestinien Mahmoud Abbas à Rome, avant d'effectuer sa première visite en Israël et dans les territoires palestiniens. Il devait arriver hier soir à Jérusalem pour « une mission exploratoire » visant à tenter de relancer les négociations israélo-palestiniennes par le biais d'une conférence de paix à Paris, dans un climat de scepticisme général.
(Source : AFP)

