Un enfant brandit un pistolet non loin du parking d’un hôtel de Benghazi, où s’est produite une explosion hier qui n’aurait pas fait de victimes. Gianluigi Guercia/AFP
À Bruxelles, l'OTAN a estimé que le départ du colonel Kadhafi n'était qu'une question de temps. « La question n'est pas de savoir si Kadhafi va partir, mais quand, a déclaré le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen. Cela pourrait prendre un certain temps, mais cela pourrait aussi survenir dès demain, a-t-il précisé. » Quelques heures plus tôt, M. Rasmussen a annoncé dans un communiqué une prolongation pour trois mois de la mission de l'OTAN en Libye, qui devait à l'origine s'achever à la fin du mois de juin. L'OTAN a pris le 31 mars les rênes de l'opération militaire en Libye, lancée le 19 mars après plus d'un mois de révolte réprimée dans le sang par le régime du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans.
À Benghazi, « capitale » de la rébellion, une forte explosion d'origine indéterminée a éventré deux voitures sur le parking d'un grand hôtel - le Tibesti - hébergeant des diplomates, des journalistes et des responsables de l'opposition, apparemment sans faire de victime. À Tripoli, le régime a continué de s'effriter. Le ministre du Pétrole, Choukri Ghanem, a déclaré à Rome avoir « quitté (son) pays » pour rejoindre la rébellion et « combattre pour un État démocratique », selon l'agence italienne ANSA. M. Ghanem avait quitté la Libye il y a deux semaines pour la Tunisie puis pour une destination inconnue. Il a déclaré être arrivé à Rome mardi. « J'ai travaillé en Libye pendant de nombreuses années, en pensant pouvoir faire des réformes de l'intérieur. Mais ce n'est pas possible, surtout maintenant que le sang a été versé », a-t-il expliqué. M. Ghanem a toutefois précisé qu'il ne travaillait pas encore avec le Conseil national de transition (CNT), l'organe représentatif des insurgés libyens. À propos d'éventuels pourparlers avec M. Kadhafi, il a rappelé que ce dernier avait rencontré il y a deux jours le président sud-africain Jacob Zuma. Il « est déjà en train de négocier », a-t-il dit. « En Libye, il y a beaucoup de pressions à l'intérieur et à l'extérieur. Il faut attendre pour voir ce qui se passera, il peut y avoir beaucoup d'issues, y compris une solution pacifique », a indiqué M. Ghanem.
D'autre part, le haut commandant des forces américaines pour l'Afrique (Africom), le général Carter Ham, a évoqué la prolifération des armes dans la région en provenance de Libye et susceptibles de tomber entre les mains d'el-Qaëda, assurant partager « l'inquiétude des pays du Sahel » à ce sujet.
(Source : agences)

