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Moyen Orient et Monde

Après l’amnistie, Assad promet un comité de dialogue

• Réunis en Turquie, les opposants veulent le départ du président

•  HRW dénonce l’« horreur » de la répression ; 30 enfants tués selon l’Unicef

• Des centaines de prisonniers politiques libérés, Washington veut plus


Des enfants syriens hier devant l’immeuble des Nations unies à Beyrouth. Entre leurs mains, le portrait de Hamza el-Khatib, le garçon de 13 ans enlevé et torturé, jusqu’à ce que mort s’ensuive, par les forces de sécurité syriennes. Jamal Saïdi/Reuters

L'opposition syrienne s'est réunie hier à Antalya, en Turquie, pour soutenir la contestation dans son pays et réclamer le départ du président Bachar el-Assad. Plus de 300 opposants, toutes factions et ethnies confondues et en majorité exilés, tiendront des débats pendant trois jours dans un hôtel de cette ville balnéaire située sur la Méditerranée. L'objectif de la réunion, selon les organisateurs, est de mettre au point une « feuille de route » pour une transition démocratique et pacifique en Syrie.
À l'ouverture de la « conférence pour un changement en Syrie », une minute de silence a été observée pour les « martyrs » tués pendant les répressions. Assistant à la réunion, le chef de la délégation des Frères musulmans, Melhem al-Douroubi, a assuré que « le peuple syrien réclame la chute du régime ». Plusieurs orateurs ont condamné « les massacres » visant la population civile et réclamé le départ du président syrien. Parmi eux figure Dia el-Dine Dugmush, un étudiant de 25 ans, arrivé de Damas. « Je veux la démocratie, ceux qui ont commis ces crimes atroces doivent être jugés », a-t-il déclaré. Les participants doivent mettre en place des comités de soutien, notamment pour venir en aide à des concitoyens ayant dû quitter la Syrie à cause des répressions. Un comité de suivi sera aussi créé afin de coordonner l'interaction entre les opposants à l'intérieur et à l'extérieur de la Syrie. Un militant présent au congrès a dit avoir peu d'espoir de voir les débats déboucher sur des décisions concrètes, mais affirmé que c'était « un début ». « Je crois au peuple de Syrie qui aura finalement ce qu'il demande : la démocratie », a déclaré Hossan Sibei, un ingénieur en électricité qui vit depuis 10 ans en Arabie saoudite après avoir fui les services secrets syriens, les moukhabarate.
Le congrès a été précédé mardi par la proclamation par M. Assad d'une amnistie générale s'étendant aux membres des Frères musulmans et aux détenus politiques. « Cette annonce est insuffisante et tardive (...) C'est Assad lui-même qui doit bénéficier d'une amnistie car il a tué son peuple. Il doit partir », a réagi M. al-Douroubi. Cette amnistie générale n'a pas non plus convaincu les Occidentaux. Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a réclamé hier des autorités syriennes « un changement de cap beaucoup plus clair, plus ambitieux, plus audacieux ». « Je crains qu'il ne soit trop tard », a-t-il jugé. Le président syrien n'a pas engagé de réformes sérieuses et la position de son gouvernement est « moins tenable » de jour en jour, a pour sa part déclaré la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a salué l'annonce de l'amnistie, mais souligné qu'elle devait être suivie d'une « réforme globale ». Selon Bourhane Ghalioune, directeur du Centre des études arabes à la Sorbonne à Paris, cette amnistie « est un coup de bluff pour détourner l'attention de l'émergence d'une opposition organisée et pour parer aux pressions internationales » grandissantes.
Hier, au lendemain du décret d'amnistie, des centaines de prisonniers politiques et de conscience ont été libérés. « Cinquante d'entre eux viennent de Banias, dont le poète Ali Derbak (76 ans) », a déclaré le président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel-Rahmane. « Des milliers de détenus politiques sont toujours en prison et doivent être libérés d'un instant à l'autre », a-t-il ajouté. Les dirigeants du Parti de l'action communiste (interdit) ne bénéficieront cependant pas de cette amnistie, qui exclut les personnes condamnées pour avoir adhéré à « une organisation visant à modifier le statut économique et social de l'État », a-t-il précisé. « Tous les prisonniers politiques doivent être libérés. Nous devons assister à un mouvement significatif vers une réforme », a pour sa part indiqué à Washington un porte-parole du département d'État, Mark Toner. « Le geste de libérer une centaine de prisonniers politiques ne va pas assez loin », a-t-il ajouté.
Et en soirée, le président syrien s'est fendu d'un autre geste de bonne volonté, la télévision syrienne annonçant la création d'un organisme chargé de « jeter les bases d'un dialogue national, de déterminer son mécanisme et son programme ». M. Assad a reçu les membres de cet organisme et leur a demandé de « formuler les principes généraux du dialogue qui va s'ouvrir de manière à créer un climat adéquat pour que les différents courants puissent s'exprimer et présenter leurs propositions », a précisé la télévision. Cet organisme est composé du vice-président Farouk Chareh, de hauts responsables du parti Baas et du Front national progressiste (coalition de partis dirigés par le parti Baas), ainsi que d'un écrivain et d'un professeur.
(Source : agences)

L'opposition syrienne s'est réunie hier à Antalya, en Turquie, pour soutenir la contestation dans son pays et réclamer le départ du président Bachar el-Assad. Plus de 300 opposants, toutes factions et ethnies confondues et en majorité exilés, tiendront des débats pendant trois jours dans un hôtel de cette ville balnéaire située sur la Méditerranée. L'objectif de la réunion, selon les organisateurs, est de mettre au point une « feuille de route » pour une transition démocratique et pacifique en Syrie.À l'ouverture de la « conférence pour un changement en Syrie », une minute de silence a été observée pour les « martyrs » tués pendant les répressions. Assistant à la réunion, le chef de la délégation des Frères musulmans, Melhem al-Douroubi, a assuré que « le peuple syrien réclame la chute du...
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