Faute de quorum, les commissions parlementaires qui devaient tenir hier une réunion conjointe n'ont pas pu plancher sur leur ordre du jour. C'est ce sort qui risque d'être réservé à la réunion parlementaire du 8 juin, à moins que le président de la Chambre, Nabih Berry, ne décide de l'annuler.
Le député des Forces libanaises, Antoine Zahra, a été très clair à ce sujet en assurant hier à la Voix du Liban que le 14 Mars œuvrera pour provoquer un défaut de quorum si la réunion est maintenue et qu'il compte présenter un recours en invalidation de toute loi qui serait votée au cas où elle se tiendrait.
Au sein de la nouvelle majorité, certaines parties comme les Kataëb ne voient pas d'objection à ces assises, mais sous condition. M. Samer Saadé a ainsi déclaré à la Voix du Liban que les Kataëb sont pour la tenue d'une réunion législative si celle-ci doit porter sur les dossiers socio-économiques. « S'il apparaît que son objectif est de soustraire au gouvernement ses prérogatives, les Kataëb s'y opposeront et adopteront une position claire à ce sujet », a-t-il dit.
Il reste que, dans leur majorité, les composantes du 14 Mars estiment que la convocation d'une réunion parlementaire législative alors que le gouvernement est démissionnaire est anticonstitutionnelle. Un débat autour de ce point s'est engagé hier entre les députés Serge Ter Sarkissian, membre du bureau de la Chambre, et Kassem Hachem, du Baas. M. Ter Sarkissian a reproché à M. Berry d'avoir interprété à sa façon la Constitution pour convoquer la réunion, précisant que « la session parlementaire ordinaire a pris fin hier et que l'article 69 de la Constitution précise que lorsque le gouvernement démissionne, la Chambre reste en session extraordinaire, mais celle-ci est consacrée seulement à la formation du gouvernement et à l'octroi de la confiance et non pas à des questions législatives, qui sont prévues dans l'article 33 de la Constitution ». Selon lui, il appartient au seul gouvernement de régler l'affaire de la vacance à la tête de la BDL.
Son argumentation lui a valu une réaction acerbe de Kassem Hachem, qui a pratiquement descendu « les jurisprudences du 14 Mars qu'il taille à la mesure de sa logique et de ses intérêts politiques ». Selon lui, « le Parlement est souverain et peut tenir des réunions législatives lorsqu'il le souhaite, que ce soit en session ordinaire ou extraordinaire ».

