Combatif, le Cavaliere a assuré que « chaque défaite a pour effet de tripler ses forces ».Bogdan Criste/Reuters
« Humiliation », « effondrement », constatait la presse italienne à propos de la vague anti-Berlusconi qui a déferlé sur Milan, Naples, Cagliari, Trieste, mais aussi Novare, fief de son allié Ligue du Nord, ou Arcore, où se trouve sa résidence préférée.
Combatif, le Cavaliere a assuré que « chaque défaite a pour effet de tripler ses forces » et affirmé à l'adresse de ses détracteurs : « J'ai cherché une date pour mes funérailles, mais mon emploi du temps est trop chargé. » Il a annoncé une remise en ordre de bataille du Peuple de la liberté (PDL) : « Il faut un parti plus ancré dans le territoire, je compte le relancer au maximum. » Selon les analystes, il pourrait changer le nom du parti et la structure dirigeante pour peut-être introniser en tant que dauphin l'actuel ministre de la Justice Angelino Alfano. Pour Marc Lazar, professeur à Sciences-Po Paris, le risque d'une crise gouvernementale est en revanche faible car « personne n'y a intérêt », même pas la Ligue du Nord qui devrait alors trouver d'autres alliés. Autre atout du Cavaliere, l'opposition de gauche « n'est pas prête » à des élections anticipées, selon M. Lazar, car, « sans projet clair, sans leader incontesté et sans stratégie d'alliance ».
M. Berlusconi affrontait aussi une rude journée judiciaire avec la reprise du Rubygate, le plus délicat des trois procès en cours contre lui. Il y est accusé d'avoir recouru, moyennant finances, aux prestations sexuelles de Karima el-Mahroug, alias Ruby en 2010, alors qu'elle était mineure, un délit passible de trois ans de prison. Tous deux nient avoir eu des rapports sexuels. Il est également poursuivi pour avoir fait pression sur la police milanaise afin qu'elle libère Ruby, arrêtée pour vol. Il a affirmé avoir voulu éviter un incident diplomatique, croyant que la jeune Marocaine était la nièce de l'ex-président égyptien Hosni Moubarak.
La deuxième audience, qui s'est ouverte à Milan en son absence, a été consacrée aux « questions préliminaires ». Ses défenseurs ont contesté la « compétence » du tribunal pour le juger. Compétence « territoriale » car les soirées du Cavaliere sont censées avoir eu pour théâtre sa villa d'Arcore, située dans la périphérie de Milan et dépendant donc du tribunal de Monza. Mais aussi compétence « fonctionnelle » pour l'abus de pouvoir. « S'il a appelé en tant que chef du gouvernement, alors la compétence est du tribunal des ministres », a argué son avocat Niccolo Ghedini. Or, pour que cette instance le juge, une autorisation du Parlement est nécessaire et hautement improbable, compte tenu de la majorité dont dispose M. Berlusconi.
(Source : AFP)

