Les autorités ont dénoncé un "complot contre-révolutionnaire" et arrêté des membres de l'ancien parti d'Hosni Moubarak, aujourd'hui dissous. Mais cela n'a pas apaisé la minorité copte (6 à 10 % de la population), inquiète de la montée des violences depuis la révolution. "Le gouvernement et l'armée pourraient arrêter tout cela s'ils le voulaient, mais ils ne veulent rien faire contre les salafistes", accuse Mina. Depuis, les autorités ont promis de traiter le problème d'une "main de fer". Mais de nouveaux incidents ont éclaté le 14 mai, avec des jets de cocktails Molotov sur les coptes rassemblés devant la télévision, faisant des dizaines de blessés.
La veille, des milliers d'Égyptiens avaient manifesté sur la place Tahrir, symbole de la révolution, pour défendre l'"unité nationale". "Les coptes se sentent abandonnés, il faut leur témoigner notre soutien", a appelé sur Twitter Gigi Ibrahim, une des figures de la coalition des jeunes pour la révolution. "Des musulmans qui nous soutiennent ? On n'en voit pas beaucoup ici", grimace Michael, 22 ans, un Christ tatoué sur le bras droit, une croix peinte sur le visage.
"Ils veulent transformer l'Égypte en un nouvel Iran"
Les coptes réclament la fin de l'impunité. Ils veulent être rassurés avant les élections législatives de septembre, dont ils redoutent de voir les Frères musulmans, seule force politique organisée, sortir vainqueurs. Une crainte attisée par le rassemblement de 50 000 manifestants venus réclamer, au lendemain des affrontements d'Imbaba, la création d'un "État islamique". "Les islamistes veulent transformer l'Egypte en un nouvel Iran ou Afghanistan", affirme Michael.
L'amertume des jeunes coptes est d'autant plus grande qu'ils ont largement pris part à la révolution, malgré les réticences de leurs aînés, qui ont longtemps vu en Moubarak un rempart contre l'intégrisme, et les appels de l'Eglise à rester chez soi. "On a protégé les musulmans pendant qu'ils priaient sur la place Tahrir. Ils étaient où, les salafistes, à ce moment-là ?" s'emporte Mina.
"Baba Chenouda avait vu tout cela venir", assène Nagui, comptable de 32 ans. Très critiqué dans sa communauté pour son conservatisme et sa mollesse après de précédentes violences antichrétiennes, notamment l'attentat d'Alexandrie (23 morts) dans la nuit de la Saint-Sylvestre de 2010, le patriarche copte orthodoxe Chenouda III s'est contenté d'exprimer sa "consternation" après les événements d'Imbaba. "Mais, aujourd'hui, il ne peut faire davantage sans mettre toute la communauté dans une position intenable", juge Nagui. "Il faudra bientôt que l'Otan intervienne comme elle l'a fait au Kosovo", conclut l'activiste copte Mamdouh Nakhla.
Les autorités ont dénoncé un...

