L'appel de l'ayatollah Khamenei est intervenu alors qu'un violent conflit oppose le camp présidentiel aux conservateurs religieux se réclamant du guide, qui dominent la plupart des institutions. Ce conflit a été déclenché à la mi-avril par un veto de l'ayatollah Khamenei au limogeage du ministre du Renseignement Heydar Moslehi, un de ses proches, par le président Ahmadinejad. Les deux camps ont lié cet incident à une bataille pour le contrôle de l'appareil de renseignement avant les élections législatives de mars 2012. L'entourage du président n'a pas caché son intention d'y présenter ses propres candidats contre la majorité conservatrice actuelle, au grand dam de celle-ci. Furieux, M. Ahmadinejad s'est retiré de toute activité publique pendant dix jours et a même menacé de démissionner, avant de revenir aux affaires début mai. « À un moment donné, le président est allé jusqu'à la démission, mais finalement il est arrivé à la conclusion qu'il devait poursuivre son travail », a déclaré Mohammad Reza Bahonnar, premier vice-président du Parlement, cité hier par les médias.
Cette rébellion ouverte sans précédent contre le guide suprême, pivot institutionnel, politique et religieux de la République islamique, a déclenché la colère des ultraconservateurs. Tout en critiquant la « désobéissance » de M. Ahmadinejad, ils se sont surtout déchaînés contre son entourage et notamment M. Machaie, accusé d'entraîner le président dans un « courant déviationniste » visant à saper le régime islamique. L'affrontement s'est également cristallisé, au Parlement, autour d'une restructuration en cours du gouvernement et de la décision de M. Ahmadinejad d'assurer un intérim à la tête du ministère du Pétrole. Samedi, avant l'intervention de M. Khamenei hier, Ali Saeedi, qui représente M. Khamenei au sein des Gardiens de la révolution, avait appelé M. Ahmadinejad à « revenir sur la voie essentielle ».
(Source : agences)


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