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Moyen Orient et Monde - Libye

Washington appelle Kadhafi à prendre le chemin de l’exil

L'UE étend ses sanctions et fait un geste envers la rébellion.
Washington a appelé hier le colonel Kadhafi à prendre le chemin de l'exil à l'occasion de la visite à Benghazi d'un haut responsable américain, offrant un nouveau succès diplomatique aux rebelles du Conseil national de transition (CNT), désormais élevé au rang d'interlocuteur « clé » de l'Union européenne. Les États-Unis ont profité de la venue surprise dans la « capitale » de la rébellion du sous-secrétaire d'État chargé des Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, pour exhorter Mouammar Kadhafi à quitter son pays. Washington « reste engagé à protéger la population libyenne et estime que Kadhafi doit quitter le pouvoir et la Libye », a affirmé le département d'État. La visite de M. Feltman, plus haut dignitaire américain à se rendre à Benghazi depuis le début du soulèvement il y a plus de trois mois, constitue « un signal de plus du soutien américain au CNT, un interlocuteur crédible et légitime », a-t-il ajouté. L'émissaire américain a « eu une série de rencontres avec des membres du CNT, dont son président » Moustapha Abdeljalil, a précisé un porte-parole de l'administration de Barack Obama en poste à Benghazi. Les États-Unis ont été en pointe - avec la France et la Grande-Bretagne - de la coalition intervenue en Libye le 19 mars sur mandat de l'ONU pour mettre fin à la répression sanglante de la révolte.
Du côté de l'Union européenne, les ministres des Affaires étrangères des 27 ont étendu à un membre de l'entourage du colonel Kadhafi, ainsi qu'à une compagnie aérienne libyenne, les mesures - gel des avoirs et interdiction de visas - déjà prises contre des membres du régime. « L'UE a décidé d'intensifier ses efforts afin de bloquer l'accès du régime de Kadhafi à des ressources et à des fonds (...) en particulier pour empêcher le régime de renflouer son arsenal militaire et de recruter des mercenaires », indique une déclaration adoptée hier à Bruxelles. Surtout, l'UE a élevé le CNT au rang « d'interlocuteur politique clé représentant les aspirations du peuple libyen », ce qui rapproche Bruxelles d'une reconnaissance en bonne et due forme.
Ces succès traduisent l'offensive diplomatique lancée par le CNT, qui se poursuivait hier, avec la visite de représentants en Turquie et en Russie. À Ankara, le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, a rencontré le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. À Moscou, un émissaire de la rébellion a exclu toute négociation avec M. Kadhafi après une rencontre avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. « Kadhafi doit donner sa démission et cesser les hostilités. Il anéantit la population de la Libye. Nous n'avons pas l'intention de négocier avec lui », a déclaré Abdel Rahman Shalgam, un ancien ministre des Affaires étrangères et ambassadeur à l'ONU, cité par les agences de presse russes. « Nous sommes convaincus que l'arrêt des hostilités, une trêve, un dialogue et un accord sont inévitables », a déclaré pour sa part M. Lavrov, ajoutant : « Nous essayons d'apporter notre assistance pour que le sang cesse de couler. »
Sur le terrain, l'OTAN a indiqué avoir effectué 50 frappes dimanche, visant notamment deux centres de commandement, près de Tripoli et de Brega, et un dépôt de munition à Syrte. La France va envoyer des hélicoptères de combat, qui permettront « de mieux adapter nos capacités de frappes au sol avec des moyens de frappes plus précis », a dit le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, précisant que ces appareils ne serviront pas à débarquer des troupes d'occupation au sol. La Grande-Bretagne a également décidé d'envoyer un porte-hélicoptères, a indiqué en outre le ministre français de la Défense, Gérard Longuet. Paris avait déjà dépêché la semaine dernière un navire de guerre de type Mistral combinant notamment les fonctions de porte-hélicoptères, de transport de troupes et de mise en œuvre de moyens d'assaut amphibie et de commandement.
Les rebelles se sont, quant à eux, targués hier d'avoir progressé de 20 km plus à l'ouest d'Ajdabiya, et sont désormais à mi-chemin entre Ajdabiya et Brega. Au Sud, dans le désert, les rebelles contrôlent Jallo, a indiqué un combattant rebelle. À l'ouest, dans les montagnes du djebel Nefoussa, près de la frontière tunisienne, « la situation est terrible », a-t-il raconté.
(Source : AFP)
Washington a appelé hier le colonel Kadhafi à prendre le chemin de l'exil à l'occasion de la visite à Benghazi d'un haut responsable américain, offrant un nouveau succès diplomatique aux rebelles du Conseil national de transition (CNT), désormais élevé au rang d'interlocuteur « clé » de l'Union européenne. Les États-Unis ont profité de la venue surprise dans la « capitale » de la rébellion du sous-secrétaire d'État chargé des Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, pour exhorter Mouammar Kadhafi à quitter son pays. Washington « reste engagé à protéger la population libyenne et estime que Kadhafi doit quitter le pouvoir et la Libye », a affirmé le département d'État. La visite de M. Feltman, plus haut dignitaire américain à se rendre à Benghazi depuis le début du soulèvement il y a plus de...
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