Les détails de l'opération restaient confus hier en fin d'après-midi. Le ministre de l'Intérieur Rehman Malik a lui-même annoncé lors d'une conférence de presse que tous les assaillants étaient morts. Avant de se rétracter. « Quatre à six terroristes » se sont introduits dimanche vers 23 heures dans cette base au centre de la capitale économique du pays, peuplée de quelque 16 millions d'habitants, en utilisant des « échelles » pour passer au-dessus des murs d'enceinte, a-t-il déclaré. « Quatre sont morts », dont un aurait fait exploser sa veste-suicide, et « deux semblent avoir réussi à s'échapper », a-t-il ajouté. Des responsables pakistanais avaient auparavant évoqué 10 à 15 terroristes, tandis que les talibans parlaient de 15 à 20 kamikazes.
Dix-sept étrangers, dont onze travailleurs chinois, sont sortis sains et saufs de l'attaque, a ajouté Rehman Malik, rejetant les informations selon lesquelles certains d'entre eux auraient été pris en otages.
Le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), groupe qui a fait allégeance à el-Qaëda et mène, depuis l'été 2007, une campagne d'attentats meurtrière, a revendiqué cette attaque hier matin, « pour venger Oussama », a déclaré Ehsanullah Ehsan, porte-parole du mouvement. Le TTP avait juré de venger la mort de Ben Laden, tué le 2 mai, en s'en prenant notamment aux forces de sécurité. Les talibans accusent Islamabad et l'armée de complicité avec le raid américain. C'est la troisième attaque qu'ils revendiquent en représailles à l'élimination du chef d'el-Qaëda.
L'omnipotente armée pakistanaise a ainsi essuyé un nouveau camouflet au pire moment, au cœur d'une de ses installations sensibles dans la plus grande ville de la seule puissance militaire nucléaire du monde musulman. L'armée est en effet montrée du doigt par Washington, qui s'étonne que le chef d'el-Qaëda ait pu vivre des années en paix dans une ville-garnison, et par une opinion publique profondément antiaméricaine qui s'émeut qu'un commando américain ait pu pénétrer dans le pays en toute impunité pour éliminer Ben Laden.
(Source : AFP)


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve