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Moyen Orient et Monde - Yémen

Saleh torpille la médiation du CCG

Les espoirs d'un règlement de la crise yéménite ont été torpillés, hier, le président refusant de signer un accord sur la transition ratifié, la veille, par l'opposition. Pire, le médiateur et l'ambassadeur des États-Unis ont dû être évacués par hélicoptère de l'ambassade des Émirats arabes unis encerclée par des partisans armés du régime. En soirée, les ministres des Affaires étrangères du CCG ont menacé de retirer leur médiation.

Le président Saleh a mis en garde contre une guerre civile si l’opposition s’obstinait à réclamer son départ. Yemen TV/Reuters

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a refusé hier de signer l'accord sur la transition et a mis en garde l'opposition contre une « guerre civile », multipliant les conditions pour signer l'accord de sortie de crise élaboré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et prévoyant son départ dans un mois. « Je ne signerai (l'accord) que si l'opposition vient au palais présidentiel » pour la cérémonie de signature du document qui a été paraphé par les représentants de son parti et de sa coalition gouvernementale, a-t-il déclaré.
Le secrétaire général du CCG Abdellatif Zayani est donc reparti bredouille de Sanaa hier sans avoir obtenu la signature par le chef de l'État de l'accord. Le médiateur a été évacué par hélicoptère, avec l'ambassadeur des États-Unis à Sanaa Gerald Michael Feierstein, de l'ambassade des Émirats arabes unis où ils avaient été encerclés par des centaines de partisans armés du régime yéménite.
Les deux hommes ont assisté au palais présidentiel à la signature par des responsables du parti au pouvoir et de ses alliés - n'engageant pas le président Saleh - de l'accord sur la transition. L'ambassadeur américain a ensuite regagné, par hélicoptère, l'ambassade des Émirats où il se trouvait toujours en fin de soirée avec ses homologues de Grande-Bretagne, de l'Union européenne et de pays du Golfe, selon une source à la chancellerie émiratie. Le chef de la diplomatie émiratie, cheikh Abdallah ben Zayed al-Nahayane, avait pourtant demandé instamment à Sanaa d'assurer la sécurité de l'ambassade et des diplomates qui s'y trouvent.
À Riyad, les ministres des Affaires étrangères du CCG ont entamé dans la soirée une réunion consacrée à la situation au Yémen et pourraient retirer leur médiation en raison de la position de M. Saleh, selon un responsable du groupement régional qui a requis l'anonymat.
L'opposition, qui avait signé samedi soir l'accord sur la transition en présence de M. Zayani et de diplomates occidentaux, a averti M. Saleh qu'il serait « chassé du pouvoir » sous la pression de la rue s'il ne signait pas l'accord. Les opposants à M. Saleh ont organisé sur la place du « Changement » la plus grande manifestation qu'ait connue la capitale depuis janvier pour réclamer le départ immédiat du président. Quelque 1,5 million de personnes ont pris part à ce rassemblement, selon des estimations concordantes dans les milieux de l'opposition. Les manifestants ont maintenu leur sit-in en soirée, protégés par les hommes du général Ali Mohsen al-Ahmar, qui a fait défection en mars et s'est rallié aux contestataires.
Les rues de la capitale étaient vides hier soir à l'exception des partisans armés du régime. Un manifestant a été tué et un autre blessé sur la route de l'aéroport par des tirs de partisans du président Saleh, qui se sont déployés par centaines dans la capitale, bloquant les principales artères de la ville et faisant craindre le pire aux habitants. « Nous avons peur, la situation peut tourner à l'anarchie avec les hommes de tribus armés acheminés par le président » à Sanaa, a affirmé un habitant, Nabil Sadek.
Le Yémen est secoué par une contestation populaire contre le régime de M. Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, accusé de népotisme et de corruption. La révolte a coûté la vie à 181 personnes, selon un décompte de l'AFP.
(Source : AFP)
Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a refusé hier de signer l'accord sur la transition et a mis en garde l'opposition contre une « guerre civile », multipliant les conditions pour signer l'accord de sortie de crise élaboré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et prévoyant son départ dans un mois. « Je ne signerai (l'accord) que si l'opposition vient au palais présidentiel » pour la cérémonie de signature du document qui a été paraphé par les représentants de son parti et de sa coalition gouvernementale, a-t-il déclaré.Le secrétaire général du CCG Abdellatif Zayani est donc reparti bredouille de Sanaa hier sans avoir obtenu la signature par le chef de l'État de l'accord. Le médiateur a été évacué par hélicoptère, avec l'ambassadeur des États-Unis à Sanaa Gerald Michael Feierstein, de...
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