Siniora visitant un mall à Saïda. Photo Ahmad Mantache
Ainsi, à l'occasion de la commémoration de la mort de l'ancien député Rafic Chahine à Nabatieh, Mohammad Raad, président du bloc parlementaire du Hezbollah, a analysé à sa manière les raisons pour lesquelles Jeffrey Feltman a rendu visite au Liban : « Ne croyez pas que c'est le fait que la formation du gouvernement n'a toujours pas eu lieu ou la volonté de discuter du discours du président Barack Obama avec les responsables libanais qui ont poussé le secrétaire d'État adjoint pour les Affaires du Moyen-Orient à accourir à Beyrouth. Regardez plutôt vers Maroun el-Rass. Les Américains sont conscients du danger que réprésente l'enthousiasme croissant des Palestiniens. Nous avons pu voir ces jeunes civils sans armes, respirant le parfum de leur pays à partir de Maroun el-Rass, armés d'une force plus forte que leur volonté, se précipiter vers des localités proches de la ligne bleue. C'est cet enthousiasme qui justifie l'arrivée de Feltman, venu voir comment préserver la sécurité d'Israël. Et ce qui s'est passé à Maroun el-Rass a également eu lieu au Golan. »
Les propos de Ali Fayad, également membre du bloc parlementaire du Hezbollah, étaient quelque part en contradiction avec ceux de Mohammad Raad puisqu'il a affirmé que la visite de Feltman a deux portées : « D'une part, promouvoir le discours tenu par le président Obama, et, d'autre part, faire en sorte que la frontière du Liban avec Israël constitue un rempart de sécurité pour l'ennemi. Ils souhaitent transformer nos frontières du Nord en voie de passage à tout ce qui est susceptible de saper la sécurité en Syrie. »
Pour sa part Moustapha Hamdane, le chef des Mourabitoun, a vu dans la visite de Feltman « une tentative qui vise à inciter les responsables libanais à contribuer au renforcement du climat d'instabilité qui sévit en Syrie ».
Siniora
Dans le camp du 14 Mars, le chef du bloc parlementaire du Courant du futur Fouad Siniora a estimé que le discours du président Obama était en quelque sorte décevant en ce qui concerne le conflit israélo-arabe. « Cela est d'autant plus décevant, indique-t-il, qu'on s'attendait à ce qu'il propose un système précis susceptible de conduire à une paix juste et durable et à assurer le droit au retour et le règlement de la question de Jérusalem. » Revenant sur sa rencontre avec Feltman, l'ancien chef de gouvernement a souligné que le responsable américain a exprimé le point de vue de l'administration de son pays en ce qui concerne son engagement portant sur la souveraineté du Liban, sa liberté et l'attachement au tribunal international.

