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Moyen Orient et Monde

Netanyahu inflige un camouflet à Obama

Proche-Orient À la Maison-Blanche, le Premier ministre israélien rejette les lignes « indéfendables » de 1967, se mettant à dos le président américain et suscitant la colère des Palestiniens et de l'opposition israélienne.
OLJ
21/05/2011
Reçu hier dans le bureau Ovale à la Maison-Blanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté la proposition du président Barack Obama d'un futur État palestinien sur la base des lignes d'armistice de 1967. « Si Israël est prêt à faire des compromis généreux pour la paix, il ne peut pas revenir aux lignes de 1967, car ces lignes sont indéfendables », a affirmé M. Netanyahu, infligeant un camouflet à M. Obama face aux journalistes et aux caméras. « Une paix fondée sur des illusions s'écrasera en définitive sur les rochers de la réalité du Moyen-Orient. La seule paix durable sera fondée sur la réalité, des faits intangibles. Pour qu'il y ait la paix, les Palestiniens devront accepter certaines réalités fondamentales », a-t-il asséné. « Nous n'avons pas beaucoup de marge d'erreur, parce que, M. le président, l'histoire ne donnera pas une nouvelle chance aux juifs », a-t-il continué. Cette riposte, lors de laquelle M. Obama est resté impassible, est intervenue 24 heures après que le président américain eut irrité et déçu son allié en se prononçant pour la première fois pour un État palestinien sur la base des lignes de 1967. Sans même évoquer la question de Jérusalem-Est occupée et annexée, une telle formule signifierait pour M. Netanyahu de renoncer aux blocs de colonies de Cisjordanie où vivent 300 000 Israéliens.
À l'issue d'une réunion de quelque deux heures, M. Obama a reconnu un alignement imparfait entre les deux alliés, mais s'est dit convaincu du fait qu'il s'agit d'un problème soluble. « Évidemment, il y a quelques différends entre nous sur des formulations et le langage, et ce genre de choses arrive entre amis, mais nous sommes complètement d'accord sur le fait qu'un vrai accord de paix ne peut être conclu que si Israël peut se défendre en définitive contre des menaces », a souligné le président, qui échoue depuis plus de deux ans à faire progresser le processus de paix malgré un volontarisme affiché. Au lendemain d'un discours consacré aux révoltes populaires qui agitent le Moyen-Orient depuis six mois, M. Obama a répété qu'il « existe un moment d'opportunité à saisir » pour la région, mais a mis aussi en garde contre « des périls significatifs » nés de ces situations. « Il va être important pour les États-Unis et Israël de poursuivre des consultations étroites au fur et à mesure de ces événements », a-t-il dit.
De son côté, M. Netanyahu, revenant sur la réconciliation engagée par le Fateh du président palestinien Mahmoud Abbas et le mouvement islamique Hamas, a estimé que « le président Abbas a un choix simple à faire. Il doit décider s'il (...) garde son pacte avec le Hamas ou fait la paix avec Israël ». « J'espère qu'il fera le bon choix, la paix avec Israël », a-t-il dit.
Ces propos ont suscité de vives réactions chez les Palestiniens. « Israël doit choisir entre les principes du président Obama acceptant un État palestinien sur les lignes de 1967 et la reconnaissance de la Palestine à l'ONU en septembre », a déclaré un dirigeant de l'OLP. M. Abbas, de son côté, a demandé à M. Obama de faire encore pression sur M. Netanyahu. « La position de Netanyahu est un rejet officiel de l'initiative de M. Obama, de la légitimé internationale et du droit international », a déclaré le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Roudeina. Il a ajouté que la sommation de M. Netanyahu de « choisir entre le Hamas et la paix » est une « ingérence inacceptable ». Plus tôt en journée, les Palestiniens avaient condamné le plan israélien de construction de 1 520 logements dans un secteur contesté à Jérusalem-Est. Ce projet a également été condamné par la France, qui a jugé la colonisation « illégale au regard du droit international ». En Israël même, la chef de l'opposition, Tzipi Livni, a accusé M. Netanyahu de faire « payer un prix trop élevé à l'État hébreu pour sauver sa coalition et assurer sa survie (politique) », en se mettant à dos le président américain. « Le Premier ministre a porté atteinte sans nécessité impérieuse aux relations entre Israël et les États-Unis. Il a ainsi mis en danger la sécurité d'Israël et son pouvoir de dissuasion », a déploré la dirigeante du parti Kadima.
(Source : agences)

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