Du village libanais de Boqaya, on pouvait voir hier matin des blindés et des hommes armés se déployer à Arida, en Syrie, et entrer dans les maisons. Mohammad Azakir/Reuters
D'après un militant des droits de l'homme, au moins 27 civils ont été tués à Tall Kalakh durant les cinq jours d'intervention des forces de sécurité. Un autre militant a affirmé que 14 corps calcinés ont été découverts dans la ville.
Ailleurs en Syrie, les forces de sécurité et l'armée continuaient d'assiéger ou d'intervenir dans plusieurs foyers de la contestation contre le régime, dont Homs (centre), Banias (Nord-Ouest) et Deraa (Sud).
Malgré la répression et la traque des opposants, la page Facebook de Syrian Revolution 2011, moteur du mouvement de contestation, a appelé à des manifestations « pour la liberté » et l'unité nationale. « Le vendredi de la Liberté, Azadi (mot signifiant liberté en kurde) », écrivent les militants en appelant à des manifestations à travers le pays, y compris dans les villes kurdes du Nord.
Parallèlement, les autorités syriennes ont rejeté avec force hier les sanctions imposées par les États-Unis au président et six de ses proches collaborateurs. Selon Damas, ces sanctions n'influeront pas sur les décisions du régime et visent « en premier lieu à servir les intérêts d'Israël ». Les États-Unis ont justifié ces mesures dans le cadre de leurs efforts cherchant à stopper la répression du mouvement de contestation qui a fait depuis le 15 mars au moins 850 morts selon des ONG et l'ONU, et entraîné plus de 8 000 arrestations. Parmi les responsables visés par un gel de leurs biens aux États-Unis se trouvent le vice-président Farouk el-Chareh, ainsi que les ministres de l'Intérieur Mohammad Ibrahim el-Chaar, de la Défense Ali Habib Mahmoud et le chef des renseignements militaires, Abdel Fattah Qoudsiya. Les mesures américaines touchent aussi deux chefs des gardiens de la révolution, force d'élite du régime iranien, pour leur rôle présumé dans la répression en Syrie. Le 29 avril, Washington avait imposé une première série de sanctions contre plusieurs responsables du régime, dont le frère cadet du président, Maher el-Assad.
Pour Haïssam al-Maleh, personnalité éminente de l'opposition syrienne, la décision américaine signifie que « les membres du régime sont désormais assiégés ». « La moindre initiative de la communauté internationale est susceptible d'aider le peuple syrien à poursuivre son soulèvement », a-t-il dit à Reuters.
Un diplomate européen a déclaré que l'UE élargirait probablement ses sanctions la semaine prochaine pour inclure à son tour Bachar el-Assad.
La France, qui cherche à faire adopter à l'ONU un texte condamnant la Syrie, a dénoncé l'aggravation de la répression contre la population civile et exhorté les dirigeants syriens à des réformes. « La répression s'aggrave en Syrie tandis que s'accumulent les informations sur l'existence de fosses communes et les témoignages de torture », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.
De son côté, la journaliste américano-canado-iranienne de la télévision al-Jazira, Dorothy Parvez, a dit avoir entendu « des bruits de tortures sauvages » infligées à des détenus dans la prison syrienne où elle a été détenue fin avril, avant son transfert en Iran et sa libération mardi.
(Source : agences)

