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Liban - La Situation

Le pays à la croisée de deux offensives diplomatiques, américaine et iranienne

M. Feltman sera reçu ce matin à Baabda au terme de l’entretien du président Sleiman avec l’émissaire d’Ahmadinejad.

Avec l'arrivée presque concomitante du secrétaire adjoint US aux Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, et de l'ancien ambassadeur d'Iran, Mohammad Reda Chibani, porteur d'un message du président Mahmoud Ahmadinejad, le Liban se trouve depuis hier à la confluence de deux offensives diplomatiques majeures, alors qu'il est sans gouvernement. Les deux hommes seront reçus successivement ce matin par le chef de l'État : M. Chibani à 9h et le responsable américain une heure plus tard.
M. Feltman, qui vient de Amman, doit également rencontrer le président de la Chambre et le Premier ministre désigné. Il passera trois jours au Liban, mais on ignore s'il aura des rencontres avec les ténors du 14 Mars, comme il a l'habitude de le faire.
Ce que le responsable américain dira aux responsables libanais ne devrait pas être très différent du discours tenu hier par le président Barack Obama. Un discours au cours duquel il a pris position à l'égard du printemps arabe et de l'impasse israélo-palestinienne. Par ailleurs, le Liban devrait être fixé sur certaines questions fondamentales pour lui, comme les livraisons d'armes américaines à l'armée, suspendues après le coup d'éclat de la démission des ministres chiites et du CPL, en attendant de voir quelle sorte de gouvernement va lui succéder, et avec quel programme. Au demeurant, avec tous les développements régionaux qui se produisent, la répression en Syrie, la réconciliation entre le Fateh et le Hamas, les sujets de conversation ne devraient pas manquer.
Ces développements se produisent alors que le processus de formation du gouvernement est au point mort, ce qui a valu à la classe politique les vertes semonces du patriarche Raï. « Ce n'est pas de la politique, c'est du vandalisme » a lancé, excédé, à partir de l'aéroport, le chef de l'Église maronite, retour de Rome, où il a assisté à une réunion de suivi du synode sur les Églises catholiques au Moyen-Orient, tenu en octobre dernier au Vatican.
Le patriarche, qui ne perd pas une minute, a confirmé par ailleurs, hier, qu'une réunion des représentants des forces politiques chrétiennes se tiendra à Bkerké, le 2 juin. Contrairement à la précédente, cette réunion sera élargie à d'autres partis et personnalités chrétiennes que celles qui y ont participé la première fois (Amine Gemayel, Michel Aoun, Samir Geagea et Sleimane Frangié).
On se félicitait hier, à Baabda, de l'annulation de la grève des transports. Toutefois, on a été au plus facile en rachetant, avec 16 millions de dollars par mois, la crise qui se profilait à l'horizon. Pour la ministre des Finances, Raya el-Hassan, un problème majeur se pose de ce fait : comment compenser ce manque à gagner du Trésor ? Du reste, le règlement d'un problème social ne signifie pas le règlement de toutes les crises provoquées par la hausse du prix de l'essence.
Sur le plan du processus gouvernemental, c'est le point mort. Ou plutôt la régression. Le numéro 2 du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a exprimé publiquement hier le souhait que l'on compose à ce sujet avec le Premier ministre désigné et le chef de l'État, afin que le gouvernement soit formé le plus vite possible. Mais de toute évidence, des dissonances à ce sujet existent au sein du 8 Mars, puisque le même jour, le député Fadi Awar (Parti syrien national social) , rejoignant en ceci Wi'am Wahhab, lançait une violente diatribe contre Nagib Mikati, qu'il sommait de former le gouvernement ou de s'en aller.
« Qui creuse un trou tombe dedans », raillait hier un député du 14 Mars, tirant la leçon de l'impasse dans laquelle une démission irréfléchie a plongé le Liban.
Par contre, s'exprimant sur la chaîne al-Arabiya, l'ancien Premier ministre Fouad Siniora affirmait pour sa part qu'au cas où Nagib Mikati formait un cabinet de technocrates, il lui accorderait sa confiance.
F.N.
Avec l'arrivée presque concomitante du secrétaire adjoint US aux Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, et de l'ancien ambassadeur d'Iran, Mohammad Reda Chibani, porteur d'un message du président Mahmoud Ahmadinejad, le Liban se trouve depuis hier à la confluence de deux offensives diplomatiques majeures, alors qu'il est sans gouvernement. Les deux hommes seront reçus successivement ce matin par le chef de l'État : M. Chibani à 9h et le responsable américain une heure plus tard. M. Feltman, qui vient de Amman, doit également rencontrer le président de la Chambre et le Premier ministre désigné. Il passera trois jours au Liban, mais on ignore s'il aura des rencontres avec les ténors du 14 Mars, comme il a l'habitude de le faire.Ce que le responsable américain dira aux responsables libanais ne devrait pas être très...
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