Dans une première réaction après l'annonce des sanctions américaines à M. Assad et à six de ses proches collaborateurs, les autorités syriennes ont dénoncé ces sanctions, affirmant qu'elles servaient les intérêts Israël et qu'elles n'influeraient pas sur les décisions du régime./
Sur le terrain, les forces de sécurité et l'armée continuaient d'assiéger ou d'intervenir dans plusieurs foyers de la contestation contre le régime, dont Homs (centre), Banias (nord-ouest), Deraa (sud) et Tall Kalakh (ouest), où huit civils ont été tués mercredi.
Dans une première réaction après l'annonce des sanctions américaines à M. Assad et à six de ses proches collaborateurs, les autorités syriennes ont dénoncé ces sanctions, affirmant qu'elles servaient les intérêts Israël et qu'elles n'influeraient pas sur les décisions du régime.
"Nous condamnons les mesures américaines (...) qui font partie d'une série de sanctions imposées par les administrations américaines successives au détriment du peuple syrien dans le cadre de plans régionaux visant en premier lieu à servir les intérêts d'Israël", selon une source officielle.
"Les sanctions n'ont pas influé ni ne vont influer sur les prises de décisions indépendantes de la Syrie ainsi que sur sa lutte contre les tentatives américaines répétées d'imposer son hégémonie", a-t-elle ajouté.
Cherchant à stopper la répression du mouvement de contestation qui a fait depuis le 15 mars au moins 850 morts selon des ONG et l'ONU, et entraîné plus de 8 000 arrestations, les États-Unis ont décidé mercredi d'imposer pour la première fois des sanctions à M. Assad.
C'est "une mesure décisive pour accroître la pression sur le gouvernement afin qu'il cesse la violence contre son peuple et entame la transition vers un système démocratique. Assad doit diriger une transition politique ou partir", a expliqué un communiqué de la diplomatie et du département du Trésor américains.
Un éventuel départ de M. Assad "est une décision revenant au bout du compte au peuple syrien", a précisé le communiqué, au lendemain de déclarations du président syrien affirmant que la crise avait été "surmontée" et qu'elle était "en passe d'être terminée".
Parmi les responsables visées par un gel de leurs biens aux États-Unis se trouvent le vice-président Farouk al-Chareh, ainsi que les ministres de l'Intérieur Mohammad Ibrahim al-Chaar, de la Défense Ali Habib Mahmoud et le chef des renseignements militaires, Abdel Fattah Qoudsiya.
Les mesures américaines touchent aussi deux chefs des Gardiens de la Révolution, force d'élite du régime iranien, pour leur rôle présumé dans la répression en Syrie.
Le 29 avril, Washington avait imposé une première série de sanctions contre plusieurs responsables du régime, dont le frère cadet du président, Maher al-Assad.
Les nouvelles mesures américaines surviennent alors que le président Barack Obama doit prononcer dans l'après-midi un discours très attendu sur les révoltes arabes.
Depuis le début des violences, les autorités syriennes attribuent les troubles à des des "groupes criminels ou terroristes", dont certains liés à l'étranger.
Mais les médias étrangers sont interdits de se déplacer librement en Syrie, où les autorités imposent un black-out sur les troubles.
Mme Parvez, la journaliste d'Al-Jazira récemment libérée, a raconté avoir entendu en prison "des bruits de coups, des cris et des hurlements (...). Personne ne portait d'uniforme, personne n'avait de nom, personne n'avait de responsabilités. Beaucoup de ces hommes agissaient comme des voyous".
Malgré cette répression et la traque des opposants, la page Facebook de "Syrian Revolution 2011", moteur du mouvement de contestation, a appelé à des manifestations "pour la liberté" et l'unité nationale.
"Le Vendredi de la Liberté, Azadi (mot signifiant liberté en kurde)", écrivent les militants en appelant à des manifestations à travers le pays, y compris dans les villes kurdes du Nord.
Les contestataires, qui exigeaient au départ la levée de l'état d'urgence et la fin de la suprématie du parti Baas, réclament désormais la chute du régime qui a dirigé le pays d'une main de fer depuis plus de 40 ans.


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