Nicolas Mahut et Florent Serra posant sur le court central Philippe Chatrier avec les ramasseurs de balle recrutés pour les Internationaux de France. Mais aucun des deux n’ose espérer être sur ce sourt le jour de la finale sauf, bien sûr, à titre de spectateur...Jacques Demarthon/AFP
La Grande-Bretagne attend depuis 1936
Et pourtant, la Grande-Bretagne et l'Australie possèdent, ou ont possédé récemment dans leurs rangs des joueurs de top niveau mondial. Des joueurs d'exception que la France n'a pas actuellement (Gaël Monfils, Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet ou Gilles Simon sont trop irréguliers pour être considérés comme des joueurs du gotha). Ainsi, Tim Henman, ancien n° 4 mondial et pur spécialiste du gazon, n'a jamais dépassé le stade des demi-finales à Wimbledon, qu'il a atteint quatre fois. « Suis-je déçu de ne l'avoir jamais gagné ? Oui.
Mais quand je me retourne sur ma carrière, je me dis que j'ai toujours donné le maximum de mon potentiel », confiait « Gentleman Tim » à l'heure de sa retraite en 2007. C'est vrai qu'on ne peut pas reprocher grand-chose à un joueur, battu dans le dernier carré par Pete Sampras (1998 et 1999), Goran Ivanisevic (2001) et Lleyton Hewitt (2002), tous futurs lauréats du tournoi.
Murray entre espoir et désespoir
Andy Murray, actuel 4e mondial, a quant à lui échoué en demi-finales les deux dernières années, contre Andy Roddick et Rafael Nadal. Présenté comme la meilleure chance de succéder à Fred Perry, dernier local à avoir soulevé la coupe, en 1936, Murray subit une pression beaucoup plus vive de la part de la presse anglaise qui le considère comme britannique quand il gagne et comme écossais quand il perd... Greg Rusedski, Canadien naturalisé britannique, finaliste de l'US Open 1997n « jouissait » d'un statut encore plus particulier.
Les Australiens s'exportent mieux
En fait, plus l'attente est longue et plus la pression est grande sur les épaules des joueurs.
Les Australiens ne réussissent pas très bien à Melbourne. Lleyton Hewitt est le dernier à avoir atteint la finale de l'Open d'Australie (défaite contre Marat Safin en 2005). Avant lui, Pat Cash avait échoué à deux reprises en 1987 et 1988.
Le dernier Australien à avoir gagné son grand chelem est Mark Edmondson, en 1976, à l'époque où le tournoi se disputait encore sur gazon. En revanche, les Océaniens parviennent à briller loin de leurs bases. Hewitt n'est pas devenu n°1 mondial par hasard, remportant l'US Open (2001) et Wimbledon (2002). Quelques années plus tôt, Patrick Rafter s'était imposé deux fois de suite à Flushing Meadow (1997 et 1998).
Là réside sans doute la principale différence avec les tennismen français, capables d'exploits temporaires mais incapables de gagner quand l'occasion se présente à eux. Pioline (finaliste à l'US Open 1993 et Wimbledon 1997), Arnaud Clément (Open d'Australie 2001) et Jo-Wilfried Tsonga (Open d'Australie 2008) peuvent en témoigner.
Les derniers vainqueurs à domicile :
Open d'Australie : Mark Edmondson (1976)
Roland Garros : Yannick Noah (1983)
Wimbledon : Fred Perry (1936)
US Open : Andy Roddick (2003).

