"La tendance est de cibler Assad étant donné qu'il n'y a pas eu de changement de cap en Syrie", indique un diplomate.
"Ils ont besoin d'en parler au niveau ministériel", a déclaré un autre diplomate européen, confirmant que le sujet était trop sensible pour le laisser trancher par les ambassadeurs.
L'UE a déjà imposé des sanctions (gel des avoirs, interdiction de visas d'entrée) à 13 responsables syriens dont des membres de la famille du président al-Assad, ainsi qu'un embargo sur les armes susceptibles d'être utilisées à des fins répressives.
À présent, "la tendance est de cibler (le président) Assad étant donné qu'il n'y a pas eu de changement de cap en Syrie", a dit un diplomate s'exprimant sous couvert de l'anonymat.
La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton avait indiqué la semaine dernière que des sanctions pourraient être décidées contre le président syrien.
"L'UE demande instamment à la Syrie de mettre immédiatement fin aux violences et d'engager rapidement une véritable réforme politique globale, car ce n'est qu'ainsi qu'il sera possible d'assurer à long terme la paix et la stabilité dans le pays", avait indiqué Mme Ashton.
"Faute d'être entendue, l'UE envisagera d'étendre les mesures restrictives en fonction de l'évolution de la situation, y compris au niveau de pouvoir le plus élevé", avait-elle averti.
La réunion des ambassadeurs des pays de l'UE intervient alors que le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a affirmé qu'une majorité de voix est "en train de se dessiner" à l'ONU pour condamner la répression de la révolte en Syrie.
La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a annoncé mardi à Washington que "des mesures supplémentaires" seraient prises "dans les jours à venir" en réponse à la répression de la révolte syrienne.
Mme Clinton s'exprimait à l'issue d'un entretien avec Catherine Ashton, qui a qualifié la situation en Syrie "d'extrêmement alarmante".
Mme Ashton a dit s'être rendue à Washington afin de "discuter de ce que nous pouvons faire". "Il est extrêmement urgent que le gouvernement syrien agisse", a-t-elle dit, faute de quoi la communauté internationale "envisagera toutes les options".
La répression d'un mouvement de contestation lancé à la mi-mars contre le régime du président Bachar al-Assad a fait plus de 800 morts.

