Selon le dernier bilan, 14 personnes ont été tuées dimanche par des tirs israéliens aux frontières avec le Liban et la Syrie : 10 du côté libanais et 4 autres à Majdal Chams. Au moins 464 manifestants palestiniens ont aussi été blessés à la frontière libanaise, sur le plateau du Golan, à Gaza et en Cisjordanie pendant la commémoration de la nakba (catastrophe), comme les Palestiniens appellent la création de l'État d'Israël en mai 1948 et leur exode qui s'en est suivi, selon des sources syrienne, libanaise et palestinienne. Des incidents ont également été signalés près de la frontière de la Jordanie avec Israël.
Le chef d'état-major, le général Benny Gantz, cité par la radio publique, a admis que le bilan de l'intervention de l'armée israélienne à Majdal Chams n'était « pas bon ». Les journaux mettent, de leur côté, l'accent sur « l'encerclement » d'Israël « attaqué de toutes parts » et insistent sur le précédent qu'a constitué le passage en force des manifestants sur le Golan. Le ministre des Affaires stratégiques, Moshe Yaalon, a affirmé à la radio que l'État hébreu devait « faire comprendre à tous ceux qui tenteraient d'entrer de force dans notre pays, qu'ils soient ou non armés, qu'Israël est un pays souverain ». Plusieurs commentateurs estiment que les événements de dimanche pourraient constituer une « répétition générale » avant septembre, lorsque le président palestinien Mahmoud Abbas compte demander à l'ONU la reconnaissance d'un État palestinien faute de reprise des négociations avec Israël.
Sur le terrain, l'armée israélienne a maintenu son « état d'alerte avancé aussi bien dans les régions militaires nord, sud (Gaza et Égypte) et centre (Cisjordanie) », a indiqué le porte-parole de l'armée, le général Yoav Mordehaï. Des centaines de policiers israéliens ont été déployés à Majdal Chams, perquisitionnant les habitations à la recherche de « suspects qui auraient réussi à s'infiltrer dimanche de Syrie », a déclaré le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld. L'armée israélienne a annoncé la prolongation de 24 heures du bouclage de la Cisjordanie occupée. En signe de deuil, Mahmoud Abbas a décrété une grève hier de deux heures et ordonné que les drapeaux flottent à mi-mât dans les Territoires.
Sur le front diplomatique, Israël a déposé plainte contre la Syrie et le Liban auprès de la présidence du Conseil de sécurité et du secrétaire général de l'ONU. L'ONU, les États-Unis et la France ont appelé toutes les parties « à la retenue ». Washington a déploré les pertes humaines le long des frontières d'Israël, mais a affirmé que son allié était en droit d'empêcher toute entrée illégale sur son territoire. La Maison-Blanche a reproché à la Syrie d'encourager les manifestations sur le Golan, jugeant qu'il s'agissait d'une tentative de « détourner l'attention » de la répression menée contre ses opposants.
(Source : AFP)


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve