L’œil est sombre, le visage fermé. Le col largement ouvert contraste avec les cravates des policiers qui le tiennent : la photo accusatrice de DSK menotté sortant d’un commissariat de Harlem a frappé les esprits en France. Jewel Samad/AFP
Des traces de griffures
M. Strauss-Kahn fait l'objet de sept chefs d'accusation, dont acte sexuel criminel et tentative de viol et de séquestration, suite aux accusations d'une femme de chambre de 32 ans, employée dans un hôtel Sofitel de New York. Il risque une peine de prison pouvant aller jusqu'à 74 ans et trois mois au total, selon des documents judiciaires révélés hier. « L'accusé a eu une relation sexuelle orale et anale avec une autre personne sous la contrainte », peut-on lire dans un document détaillant les sept chefs d'accusation portés à l'encontre du directeur général du FMI. Selon un rapport du consulat français de New York cité par le site Internet Atlantico.fr, qui publie aussi des extraits du rapport de police américain, des griffures ont été constatées sur son torse et des « traces ADN (vraisemblablement de sperme) » sont en cours d'exploitation.
Son épouse, l'ancienne journaliste Anne Sinclair, était hier en route pour New York en provenance de Paris, a indiqué un des avocats, Benjamin Brafman. Au cours de l'audience, l'avocat a déclaré à la juge que Dominique Strauss-Kahn niait l'ensemble des accusations portées contre lui. « Il nie ces accusations. Il est présumé innocent selon la loi », a souligné Me Brafman. L'avocat a ajouté que le cas du directeur du FMI et favori dans des sondages dans la course à la présidentielle française bénéficiait d'une « ligne de défense forte » et qu'il était « tout à fait probable qu'il soit innocenté en fin de compte ». Un autre avocat a affirmé que l'une des filles de l'accusé, avec laquelle il a déjeuné le jour des faits, allait témoigner en sa faveur.
En France, le Parti socialiste est sous le choc. Officiellement, le PS appelle au respect de la présomption d'innocence et à garder le cap avec un seul objectif : battre Nicolas Sarkozy en 2012. Le premier secrétaire Martine Aubry présidera aujourd'hui un Bureau national pour tenter de rassembler des troupes éprouvées et éloigner le spectre d'une guerre des égos dans son camp. « Pour le reste, le Parti socialiste continue de travailler pour les Français, comme il le fait depuis trois ans », a-t-elle dit en confirmant le calendrier selon lequel les responsables socialistes doivent déposer entre le 28 juin et le 13 juillet leurs candidatures pour la primaire, prévue en octobre.
À droite, on ne se réjouit pas outre mesure des malheurs judiciaires du directeur général du FMI, même si Nicolas Sarkozy se voit débarrassé sans combattre d'un adversaire potentiel qui caracolait en tête de tous les sondages. « On a toujours pensé que c'était un bon candidat à cause de ses vulnérabilités », souligne un haut responsable de la majorité présidentielle. « Il était pour Sarkozy le plus facile à battre. »
S'il est difficile à ce stade de prédire qui profitera de cette affaire sur la scène nationale française, la cause paraît en revanche entendue sur le front international. La France perd la direction du FMI, dont les instances devaient se réunir pour décider des suites à donner à la décision de la juge de Manhattan et il apparaît exclu qu'un Français puisse succéder à Dominique Strauss-Kahn. Or, Nicolas Sarkozy misait sur le soutien actif du FMI et de son directeur général pour faire avancer ses propositions en matière de gouvernance économique internationale et de régulation de la finance mondiale sous la présidence française du G8 et du G20 et ainsi conforter sa stature présidentielle.
(Source : agences)



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