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Moyen Orient et Monde - Libye

Kadhafi dans le collimateur de la CPI

Le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, a estimé hier que les heures du régime libyen étaient comptées, alors que le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé aux juges de délivrer un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité contre Mouammar Kadhafi. Le procureur a également demandé des mandats d'arrêt contre le fils du guide libyen, Seif el-Islam, et le chef des renseignements, Abdallah al-Senoussi.

Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la CPI, a requis hier des mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité contre Mouammar Kadhafi, son fils Seif el-Islam et le chef des renseignements Abdallah el-Senoussi. Robert Vos/ANP/AFP

Le procureur de la Cour pénale internationale a demandé hier aux juges de délivrer des mandats d'arrêt pour crimes contre l'humanité contre le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, son fils Seif el-Islam et le chef des renseignements Abdallah el-Senoussi. « Les preuves recueillies montrent que Mouammar Kadhafi a personnellement commandé des attaques contre des civils libyens non armés », a déclaré Luis Moreno-Ocampo à La Haye. « Ses forces ont attaqué des civils libyens chez eux et dans des lieux publics, ont tiré des balles sur des manifestants, ont utilisé des armes lourdes contre des participants à des funérailles et placé des francs-tireurs pour tirer sur ceux qui quittaient la mosquée après les prières », a-t-il affirmé. Concernant Seif el-Islam, « Premier ministre de facto », il l'a accusé d'organiser le recrutement de mercenaires. Abdallah el-Senoussi, « bras droit » et beau-frère de M. Kadhafi, est soupçonné d'avoir « personnellement ordonné certaines attaques ». Le bureau du procureur de la CPI détient des documents « montrant que les trois ont tenu des réunions pour planifier et diriger les opérations », a affirmé M. Moreno-Ocampo, selon lequel les persécutions se poursuivent. Les juges de la CPI peuvent décider d'accepter la demande, de la rejeter ou de demander au bureau du procureur des informations supplémentaires.
La rébellion libyenne a « salué la décision du procureur » de la CPI, mais souhaité que les trois hommes soient « jugés d'abord en Libye avant d'être jugés par une cour internationale ». Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a salué cette annonce, appelant la communauté internationale à « soutenir totalement la Cour pénale internationale dans ses enquêtes » et « tous les États membres des Nations unies (...) à coopérer pleinement ». « C'est exactement la bonne chose à faire », a réagi de son côté le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle. La demande de mandats d'arrêt « est un premier pas vers la justice », ont réagi les organisations de défense des droits de l'homme Human Rights Watch et Amnesty International.
Trois mois après le déclenchement de la révolte, le colonel Kadhafi est toujours au pouvoir malgré les milliers de bombes lâchées par l'OTAN. Mais pour le chef de diplomatie italienne, Franco Frattini, « les heures du régime sont comptées ». Selon lui, une réflexion est en cours pour trouver une « porte de sortie » au colonel Kadhafi. C'est ce qui ressort, a-t-il dit, « des messages qui arrivent du cercle restreint du régime ». D'après M. Frattini, ce cercle restreint est en quête d'un « lieu où de manière convenable (Kadhafi) pourrait se retirer et disparaître pour toujours de la scène politique ». Des émissaires de M. Kadhafi sont attendus aujourd'hui à Moscou, a annoncé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Il a ajouté que la Russie est également prête à rencontrer les représentants des rebelles libyens. Par ailleurs, plusieurs personnalités officielles libyennes se sont rendues en Tunisie dans le cadre d'efforts visant à trouver une solution à la crise, selon l'agence tunisienne TAP.
Hier soir, trois fortes explosions ont secoué le secteur de Bab al-Aziziya, résidence de M. Kadhafi dans Tripoli. L'Alliance a également mené de nouvelles frappes dans la banlieue est de la capitale, où un site de radars a été notamment détruit, selon l'agence JANA et des habitants du quartier de Tajoura. L'agence a fait état de « pertes humaines et de dégâts matériels », sans autres précisions. L'Alliance atlantique, qui a pris les rênes de la coalition internationale le 31 mars en Libye, a par ailleurs indiqué avoir réussi à contrecarrer une attaque de deux petits navires, dont l'un bourré d'explosifs, qui se dirigeaient vers Misrata.
Dimanche soir, le chef du gouvernement libyen, Baghdadi Mahmoudi, avait indiqué, en recevant l'émissaire de l'ONU Adbel-Elah al-Khatib, que le régime souhaitait « un cessez-le-feu immédiat qui coïnciderait avec un arrêt des bombardements de l'OTAN », selon JANA. Pour sa part, M. al-Khatib a insisté auprès du régime pour la mise en place d'un cessez-le-feu et d'un accès à l'aide humanitaire dans les villes frappées par la répression, a indiqué un porte-parole de l'ONU.
(Source : agences)
Le procureur de la Cour pénale internationale a demandé hier aux juges de délivrer des mandats d'arrêt pour crimes contre l'humanité contre le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, son fils Seif el-Islam et le chef des renseignements Abdallah el-Senoussi. « Les preuves recueillies montrent que Mouammar Kadhafi a personnellement commandé des attaques contre des civils libyens non armés », a déclaré Luis Moreno-Ocampo à La Haye. « Ses forces ont attaqué des civils libyens chez eux et dans des lieux publics, ont tiré des balles sur des manifestants, ont utilisé des armes lourdes contre des participants à des funérailles et placé des francs-tireurs pour tirer sur ceux qui quittaient la mosquée après les prières », a-t-il affirmé. Concernant Seif el-Islam, « Premier ministre de facto », il l'a accusé d'organiser...
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