Selon des organisations des droits de l'Homme, au moins 700 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation, dont plusieurs centaines à Deraa.
"Ils ont découvert une fosse commune dans la Vieille ville mais les autorités ont aussitôt mis en place un périmètre autour de la zone pour empêcher les habitants de chercher les corps, promettant que certains seraient remis plus tard", a-t-il ajouté.
Selon M. Qurabi, le régime doit porter l'entière responsabilité des crimes commis contre des citoyens "désarmés". Il a demandé à la communauté internationale et à la société civile d'exercer une pression sur le régime syrien pour que cesse la "répression brutale" contre son peuple.
Il a ajouté qu'il ignorait le nombre de personnes enterrées dans la fosse commune.
L'armée avait investi Deraa, située à 100 km au sud de Damas, le 25 avril pour mater la contestation qui y avait commencé le 18 mars, avant d'entamer son retrait le 5 mai.
La répression des manifestations a fait, selon les organisations des droits de l'Homme, au moins 700 morts, dont plusieurs centaines à Deraa, et entraîné des milliers d'arrestations à travers la Syrie, suscitant de vives critiques au niveau international.
Deux mois après le début de la révolte, lancée le 15 mars en Syrie, la contestation ne fléchit pas et la répression se poursuit.
Plusieurs personnalités dissidentes détenues en lien avec le mouvement de contestation ont été libérées, dont une figure de l'opposition, Riad Seif, et la militante des droits de l'Homme Catherine Talli, ont indiqué dimanche à l'AFP des militants.
Mais selon l'organisation américaine Human Rights Watch, le régime traque désormais les proches des opposants politiques et des défenseurs des droits de l'Homme.
"Les dirigeants de la Syrie parlent d'une guerre contre des terroristes, mais ce que nous voyons sur le terrain, c'est une guerre contre des Syriens ordinaires -des avocats, des militants des droits de l'Homme, des étudiants- qui réclament une réforme démocratique", a déclaré dans un communiqué Sarah Leah Whitson, directrice de l'organisation pour le Proche-Orient.
Selon l'ONG, les forces de sécurité ont dans certains cas détenu des proches et des voisins d'opposants au régime du parti Baas afin de savoir où ces derniers se trouvent.
"Le gouvernement syrien exploite toutes les solutions possibles pour détenir et punir ceux qui appellent à des réformes civiques dans le pays", a dit Mme Whitson, indiquant que beaucoup de militants avaient en réponse décidé de cacher leurs familles.
Les contestataires, qui exigeaient au départ la levée de l'état d'urgence et la fin de la suprématie du parti Baas, réclament désormais la chute du régime.
Dimanche, au moins dix personnes ont été tuées par les forces de sécurité syriennes qui avaient "bombardé indistinctement quatre quartiers de la localité" de Tall Kalakh, à 150 km au nord-ouest de Damas et proche du Liban, a dit lundi un militant des droits de l'Homme à l'AFP. Un précédent bilan fourni par un militant faisait état de sept morts.
Au Liban, une Syrienne avait été tuée dimanche et cinq autres personnes blessées, dont un soldat libanais, par des tirs venant de Syrie, alors que quelques dizaines d'habitants fuyaient à pied Tall Kalakh. Plus tard, une fillette avait également été blessée par d'autres tirs alors qu'elle se trouvait dans sa maison près de la frontière.
Selon une source des services de sécurité libanais, un garde-frontière syrien, fuyant son pays, a également succombé à ses blessures à son arrivée au Liban.
Lundi, des dizaines de réfugiés ayant fui Tall Kalakh ont manifesté pour réclamer la chute du gouvernement. "La population veut la chute du régime", scandait la foule réunie du côté libanais du passage d'Al-Boqayaa, à travers lequel transitent depuis vendredi des centaines de Syriens.

