Le responsable français devait être déféré hier, selon la police, à un juge qui décidera de l'incarcérer ou de le libérer moyennant une importante caution. Le patron du FMI nie tous les faits qui lui sont reprochés et va plaider non coupable, a indiqué son avocat à Washington, William Taylor. Sa femme, l'ancienne journaliste Anne Sinclair, a affirmé dans un communiqué qu'elle ne croyait « pas une seule seconde aux accusations qui (étaient) portées contre (son) mari », avant d'appeler « chacun à la décence et à la retenue ».
Surnommé « DSK », le candidat socialiste préféré par les sondages pour la présidentielle française de 2012, âgé de 62 ans, est détenu depuis samedi après-midi après avoir été débarqué d'un vol Air France à destination de Paris dix minutes avant son décollage. Devant le bâtiment de briques rouges du commissariat de Harlem, plusieurs voitures de police bloquaient hier matin l'accès à une trentaine de journalistes massés dans un épais brouillard.
Les faits se seraient produits samedi en milieu de journée à l'hôtel Sofitel situé près de Times Square. Selon les médias locaux, la femme de ménage est entrée dans la chambre du patron du FMI en pensant qu'elle était inoccupée. M. Strauss-Kahn serait ensuite sorti nu de la salle de bains et l'aurait sexuellement agressée, a indiqué le New York Times, citant le responsable de la police de New York Paul Browne. Cette femme affirme qu'il l'aurait forcée à entrer dans la chambre à coucher, puis aurait verrouillé la porte, a indiqué la même source. Elle se serait débattue, mais il l'aurait traînée dans la salle de bains et l'aurait à nouveau agressée sexuellement, selon le quotidien new-yorkais. La chaîne de télévision MSNBC a précisé qu'il l'aurait contrainte à faire une fellation. Selon des sources policières, M. Strauss-Kahn aurait quitté précipitamment l'hôtel Sofitel, en abandonnant son téléphone portable et ses effets personnels. Des traces ADN ont été retrouvées dans la chambre, a précisé un policier cité par le New York Times sous couvert d'anonymat.
En France, les réactions ne laissaient guère de doute quant à son avenir politique. La gauche se disait sonnée même si elle insistait sur le nécessaire respect de la présomption d'innocence, tout comme le gouvernement qui a appelé à « la prudence ». C'est un « coup de tonnerre », a déclaré la dirigeante des socialistes Martine Aubry en se disant « stupéfaite ».
M. Strauss-Kahn a reçu samedi soir la visite d'un diplomate français, dans le cadre de la « protection consulaire » que la France octroie à tous ses ressortissants, selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero, à Paris. « Nous sommes et restons en contact étroit avec le FMI et les autorités américaines », a-t-il ajouté, sans plus de commentaire.
(Source : AFP)


