Lille a remporté la 6e Coupe de France de son histoire, la première depuis 1955, et peut désormais rêver d’un doublé en cas de succès en Ligue 1. Le suspense a été total et c’est finalement Lille qui a pris le dessus sur le tenant du titre parisien. Pour les Lillois, en tête de la L1 à trois journées de la fin, cette victoire met fin à 56 ans de disette sur le plan national et peut préfigurer une fin de saison exceptionnelle, un doublé Coupe-championnat étant désormais à leur portée. Ironie du sort, les deux équipes doivent se retrouver samedi prochain à Paris lors d’un match de championnat qui s’annonce décisif pour leur destin respectif. Franck Fife/AFP
Après l'euphorie du succès, des images plein la tête et des immenses sourires sur tous les visages, il y a eu comme un rappel à l'ordre. Même s'ils ont eu une permission de sortie, ils n'ont pas eu l'autorisation de passer une nuit blanche. Du bonheur oui, mais sans exagération !
Alors qu'ils ont été honorés et fêtés samedi soir et hier par une ville en liesse qui attendait un trophée depuis 55 ans, la volonté du LOSC a été de rester concentré sur les trois matches à venir pour réussir le deuxième doublé de l'histoire du club, après celui de 1946.
Auteur du but qui a envoyé les Nordistes au paradis, Ludovic Obraniak a été d'ailleurs l'un des premiers à rappeler que « l'équipe devait rester mobilisée », alors que Mickaël Landreau n'avait plus qu'une idée en tête, « aller au bout de l'aventure en L1 pour continuer à vivre des moments magiques ».
« On a égalisé avec Marseille qui a remporté la Coupe de la Ligue, mais on peut surfer sur la dynamique de ce soir (samedi). Maintenant, il faut tout faire pour réaliser le doublé », a confirmé Rudi Garcia tandis que le capitaine Rio Mavuba a déploré la proximité du prochain match, mercredi contre Sochaux.
« Cela aurait été mieux si nous avions eu une semaine. Mais on veut ce deuxième trophée pour une nouvelle communion avec le public », a affirmé Mavuba. « Si on bat Sochaux, on ne sera pas loin du titre. Ce sera un mano a mano jusqu'à la fin... ou plus tôt. On verra ! », a complété Garcia.
La culture de la victoire
Le travail de préparation et de récupération, qui est l'une des bases de la réussite lilloise cette saison, a en tout cas débuté dès le retour aux vestiaires. Les joueurs ont certes sabré le champagne. Mais surtout ils ont été pressés de dîner, ce qui n'est pas forcément une priorité après un triomphe.
Histoire de s'assurer que ses joueurs ont bien mis du carburant dans un moteur appelé à pétarader tous les trois jours, Garcia a donc offert une tournée de... pizzas dans le vestiaire. Comme après le succès à Nancy (0-1). Ce n'est pas forcément diététique, mais l'entraîneur sait que tous les joueurs aiment.
Reste que pour réussir ce doublé, le déboulé final est semé d'embûches : Sochaux joue un billet en Europa League avec sa série de sept matches sans défaite, dont cinq victoires, le déplacement à Paris aura forcément des allures de revanche, et c'est Rennes en course aussi pour l'Europe qui fermera l'exercice.
« Zen avant la finale comme après », le président Michel Seydoux ne s'inquiète pas. Il constate que les Dogues ont acquis « la culture de la gagne » et peuvent s'appuyer sur un sauveur quand ils sont en difficulté : Hazard à Nancy (0-1), Mavuba à Saint-Étienne (1-2) et donc Obraniak en finale.
Équipe la plus spectaculaire en début de saison, Lille l'est moins désormais. En revanche, elle est devenue tueuse. Et pour Seydoux, le secret de cette réussite est à chercher en Europa League et dans la 38e journée de L1 l'an passé avec l'échec à Lorient (2-1) qui avait privé le LOSC de son billet pour la C1.
« La défaite à Lorient avait été difficile à digérer, mais c'était aussi une extraordinaire leçon que les joueurs ont bien retenue. Ils ont fait d'énormes progrès », s'est réjoui Seydoux.
(Source : AFP)

