« Les tentatives de concentrer le pouvoir autour d'une personne spécifique sont dangereuses », a déclaré le président russe au cours d'une rencontre avec de jeunes parlementaires à Kostroma (370 km au nord-est de Moscou), retransmise en direct à la télévision. Ces déclarations interviennent alors que M. Poutine est en train de mettre sur pied le Front populaire, une large coalition électorale composée de son parti Russie unie, ultramajoritaire au Parlement, et de plusieurs ONG. Après avoir prôné la veille l'émergence en Russie de forces concurrentes à la coalition de Vladimir Poutine, le chef de l'État a brandi hier la menace d'une « guerre civile », rappelant que le pays en avait déjà connu à cause de régimes qui ont monopolisé le pouvoir. « Si cela ne pose pas de problèmes dans la vie courante, n'ayez pas de doutes : dans un avenir proche, cela posera des problèmes énormes pour le pays et pour la personne en question », a-t-il poursuivi. « Une superconcentration du pouvoir est une chose dangereuse, surtout dans notre pays qui a déjà connu cela à maintes reprises et où cela a mené soit à la stagnation, soit à la guerre civile », a-t-il poursuivi. « Il ne faut pas oublier les leçons historiques », a-t-il ajouté.
Les deux dirigeants russes ont à maintes reprises laissé entendre qu'ils pourraient se présenter à l'élection de 2012, mais aucune décision n'a pour l'instant été annoncée. M. Poutine, toujours considéré par nombre d'observateurs comme le véritable homme fort du pays, a récemment déclaré que les deux dirigeants prendraient la décision ensemble en fonction de la situation. Les spéculations vont bon train depuis quelques semaines sur une éventuelle rivalité entre MM. Poutine et Medvedev, alors que d'autres analystes y voient un jeu politique savamment orchestré par le pouvoir. M. Medvedev a été propulsé en 2008 au poste de président par son prédécesseur (2000-2008), Vladimir Poutine, auquel il devait toute sa carrière politique et auquel la Constitution russe ne permettait pas d'effectuer plus de deux mandats consécutifs.
La création du Front populaire, qui réunira, outre Russie unie, d'autres partis politiques, des organisations syndicales, des femmes, des vétérans, a été largement interprétée comme la déclaration d'intention de Vladimir Poutine pour la présidentielle de 2012. L'un des responsables de Russie unie a déclaré jeudi que le Front populaire pourrait proposer son candidat à la présidentielle de 2012. Pour l'analyste politique indépendant Dmitri Orechkine, « Poutine a lancé un défi insolent au président et violé les principes de la hiérarchie en proposant à la société de se consolider autour de lui ». « Il a mis Medvedev devant un choix : soit il adhère au Front, soit il est de l'autre côté. Le président doit maintenant répondre fermement. La question est de savoir qui est numéro un dans le pays », a-t-il souligné.
M. Medvedev, dont la cote de popularité n'a jamais dépassé celle du Premier ministre et qui n'a pas de force politique associée à lui, a par ailleurs estimé hier que le président devrait à terme être membre d'un parti.
(Source : AFP)


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