Des manifestants brûlant une photo de Bachar el-Assad devant le consulat syrien d’Istanbul, en Turquie. Osman Orsal/Reuters
Interrogé sur le point de savoir si M. Assad devrait quitter le pouvoir, M. Erdogan a répondu : « Il est trop tôt aujourd'hui pour prendre une décision, parce que la décision finale sera prise par le peuple syrien... l'unité et l'intégrité de la Syrie doivent être préservées. »
L'an dernier, a-t-il dit, il a eu de « longues conversations » avec M. Assad sur la nécessité de lever l'état d'urgence, de libérer les prisonniers politiques, de changer le système électoral et d'autoriser le multipartisme. « Je lui avais même dit : "Au besoin, envoyez-nous des gens à vous, nous leur montrerons" comment s'organise un parti politique, et comment on communique avec la population », a ajouté M. Erdogan. « Nous étions d'accord sur ce sujet, mais les choses ont traîné, et l'effet domino (des révoltes arabes) a touché aussi la Syrie », a-t-il dit.
La Turquie craint que les troubles en Syrie fassent tache d'huile, des rebelles kurdes étant présents des deux côtés de la frontière. Elle redoute aussi l'arrivée éventuelle de réfugiés syriens sur son sol, après l'arrivée, fin avril, d'un groupe de 200 villageois.
Par ailleurs, à Istanbul, plus d'une centaine de personnes ont manifesté hier contre le président Assad devant le consulat syrien. « Assad hors de Syrie » et « Nous n'oublierons pas Hama et Deraa », scandaient les manifestants. Une vingtaine de Syriens habitant Istanbul s'étaient joints à la manifestation, organisée par plusieurs associations, dont l'organisation caritative islamiste IHH, à l'issue de la prière du vendredi.
(Source : AFP)

