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Liban - Crise

Cabinet : optimisme le matin, pessimisme le soir...

Le cap du ministère de l'Intérieur semble avoir été franchi, dans le processus de formation du nouveau cabinet, mais des points de désaccord subsistent.

Le Premier ministre désigné a reçu hier à son domicile le guide des Frères musulmans en Égypte, Mohammad Badih, accompagné de Gomaa Amine, Mohammad Hosni et Saad Kattatni. Photo Dalati et Nohra

Le processus de formation du cabinet continue d'être soumis au régime de la douche écossaise : optimisme le matin, pessimisme le soir. C'est ainsi qu'après les cris jubilatoires qui ont suivi l'accord sur le nom du général des FSI, Marwan Charbel, comme candidat de compromis pour le ministère de l'Intérieur, les désaccords ont de nouveau surgi, en cours de journée, sur la distribution du restant des portefeuilles.
Deux points majeurs de désaccord étaient signalés à ce niveau entre le Courant patriotique libre et ses alliés d'une part, et le Premier ministre désigné Nagib Mikati d'autre part. C'est ainsi que ce dernier s'oppose à l'attribution des deux portefeuilles des Communications et de l'Énergie à un même bloc parlementaire, à savoir le Bloc du changement et de la réforme, ainsi que la nomination directe par Michel Aoun des ministres qui le représenteront au sein du gouvernement. Sur ce plan, M. Mikati estime que le choix lui revient et propose au bloc de lui soumettre trois noms de ministrables, parmi lesquels il pourrait choisir celui qui lui convient.
En filigrane de ces exigences, la coutume constitutionnelle et les prérogatives qui reviennent au Premier ministre et au chef de l'État, par opposition à ceux qui reviennent aux blocs parlementaires eux-mêmes. En somme, comment classer le système politique libanais ?
Au demeurant, le CPL chercherait à faire preuve d'innovation et, par la voix de Walid Khoury, a réaffirmé qu'au nom de la séparation entre les fonctions parlementaires et ministérielles, les ministres représentant le bloc ne seront pas choisis parmi les députés.
Par contre, c'est un vice de forme dans l'accord de Taëf, qui ne fixe pas un délai précis pour la formation du gouvernement, qu'a relevé M. Massoud Achkar, candidat malheureux du CPL à Achrafieh.
Un troisième désaccord oppose par ailleurs le général Aoun au chef de l'État. Ce dernier exige que le sixième ministre maronite soit nommé par lui, pour compenser le fait que, selon toute apparence, c'est le choix du général Michel Aoun qui s'est imposé pour l'Intérieur, même s'il l'a approuvé.
Enfin, on assure de source informée que M. Mikati ne serait toujours pas d'accord pour attribuer un portefeuille à Fayçal Karamé, fils de Omar Karamé, comme le demande le Hezbollah, à titre de compensation pour les « sunnites minoritaires ».
Le désenchantement surgi en cours de journée s'est reflété dans l'annulation d'une réunion prévue entre le Premier ministre désigné d'une part, les « deux Khalil », représentant le Hezbollah et le mouvement Amal, et M. Gebran Bassil d'autre part. Le bureau de M. Mikati a fait savoir que ce dernier attendait des réponses et qu'il cherchait toujours « une formule acceptable qui déboucherait sur un gouvernement capable d'agir et de produire, compte tenu des défis internes et externes qui lui seront lancés ».
En somme, estiment les milieux de M. Mikati, le nouveau gouvernement ne doit pas être « une addition de particuliers, mais une équipe cohérente ». Et qu'il s'agit de prendre les devants et d'examiner minutieusement les futurs points de friction possibles, avant qu'ils ne se produisent.
Seul petit mouvement rompant l'immobilisme, hier, une visite de Ghazi Aridi au Premier ministre désigné, délégué par Walid Joumblatt retour de Damas, dont les dirigeants continuent de réclamer la formation d'un gouvernement au plus tôt. Un argument qu'ils pourraient faire valoir auprès d'un Occident qui les observe à la loupe.
L'assombrissement de l'horizon serait aussi dû, selon des informations sûres, au ton triomphaliste adopté par les médias du Hezbollah et du CPL, et qui pourrait avoir pour but de faire assumer au Premier ministre désigné et au chef de l'État la responsabilité d'un échec du processus de formation du gouvernement et d'annuler l'effet de la déclaration explosive de Walid Joumblatt attribuant cet échec à la « nouvelle majorité », incapable de produire « une nouvelle réalité ».

Mises en garde internationales
Mais si M. Mikati prend son temps, c'est aussi pour des raisons externes. Il a suffi, en effet, que les chances de la formation d'un gouvernement se concrétisent un peu plus pour que les États-Unis allument de nouveau leurs clignotants. C'est ainsi qu'au Premier ministre désigné, auquel elle a demandé audience hier, l'ambassadrice des États-Unis, Maura Connelly, a rappelé que son gouvernement jugera le gouvernement sur pièce, une fois qu'il sera formé, ainsi que sur sa déclaration de politique générale.
Ce qui vaut pour Washington vaut aussi pour Paris. On apprend en effet que le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, est toujours réservé à l'égard d'une visite officielle au Liban, et souhaite que le nouveau gouvernement voit auparavant le jour. C'est ainsi que, selon notre chroniqueur diplomatique, Khalil Fleyhane, il a exclu Beyrouth des deux tournées régionales qu'il doit effectuer bientôt en Israël et dans les territoires palestiniens, et qu'il n'assistera pas non plus à l'importante cérémonie d'inauguration du Campus de l'Innovation et du Sport de l'USJ, qui comprendra les laboratoires de recherche les plus innovateurs du Moyen-Orient.
Selon des informations sûres, la France traitera avec le nouveau gouvernement libanais en fonction des positions qu'il prendra à l'égard du TSL, de la résolution 1701 et des autres résolutions du Conseil de sécurité relatives au Sud.
Le processus de formation du cabinet continue d'être soumis au régime de la douche écossaise : optimisme le matin, pessimisme le soir. C'est ainsi qu'après les cris jubilatoires qui ont suivi l'accord sur le nom du général des FSI, Marwan Charbel, comme candidat de compromis pour le ministère de l'Intérieur, les désaccords ont de nouveau surgi, en cours de journée, sur la distribution du restant des portefeuilles.Deux points majeurs de désaccord étaient signalés à ce niveau entre le Courant patriotique libre et ses alliés d'une part, et le Premier ministre désigné Nagib Mikati d'autre part. C'est ainsi que ce dernier s'oppose à l'attribution des deux portefeuilles des Communications et de l'Énergie à un même bloc parlementaire, à savoir le Bloc du changement et de la réforme, ainsi que la nomination directe par...
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