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Lifestyle - Festival

Duel féminin intense au soleil de la Croisette

La compétition à Cannes s'est ouverte avec deux films réalisés par des femmes, l'intrigant Sleeping Beauty, premier film de l'Australienne Julia Leigh, et le très intense We need to talk about Kevin de la Britannique Lynne Ramsay.

« Kung Fu Panda » va revenir sur les écrans aux côtés de la tigresse Angelina Jolie, venue présenter hier le film d’animation à Cannes. Éric Gaillard/Reuters

Après l'entrée en matière tout en douceur de Woody Allen la veille, les festivaliers ont reçu hier une violente douche froide avec les deux premières entrées de la compétition du 64e Festival de Cannes.
We Need to Talk about Kevin, de la Britannique Lynne Ramsay, est un film dur, tournant autour d'un enfant qui est au mieux déséquilibré, au pire franchement sadique. Les rapports entre Eva (Tilda Swinton, vue notamment dans Broken Flowers, de Jim Jarmusch) et son fils sont calamiteux dès la prime enfance de ce dernier.
Lynne Ramsay, qui n'avait plus tourné depuis Le voyage de Morvern Callar (2002), éclate l'histoire entre le passé et le présent avec comme moment charnière un événement irréparable causé à l'âge de l'adolescence par son fils (Ezra Miller, apparu plusieurs fois dans la série Californication). Le réalisatrice reconstitue peu à peu le puzzle de cette histoire dure, tragique, dénuée de toute explication, portée à bout de bras par Tilda Swinton, mais filmée avec une recherche et un goût évidents de la mise en scène.
La réalisatrice s'est attaquée à un double tabou : dépeindre une relation mère-enfant fondée sur la haine, et montrer un enfant puis un adolescent dont faire le mal semble l'unique raison d'être. « Parfois, l'enfant naît et on ne sait pas qui est cet enfant », a-t-elle déclaré hier en conférence de presse. « Ce n'est pas un film qui traite d'une fusillade dans un lycée, mais de la relation mère-fils... de culpabilité. »

Rôle exigeant
Le film a reçu un accueil mitigé mais plus vivant que celui réservé à Sleeping Beauty, première réalisation à l'esthétique glacée de la romancière australienne Julia Leigh, qui a suscité quelques huées dispersées et de timides applaudissements.
Lucy (Emily Browning) est une étudiante qui multiplie les petits boulots pour payer son loyer. Elle répond un jour à une petite annonce pour jouer les « belles endormies » au profit de vieux messieurs qui peuvent faire ce qu'ils veulent de son corps nu et anesthésié par des sédatifs, sauf le pénétrer. Mais Lucy veut savoir exactement ce qui se passe lorsqu'elle est inconsciente. Une petite caméra espion et un stratagème l'aideront à y voir plus clair.
Emily Browing a eu un rôle difficile à interpréter, qui l'a sollicitée énormément, en particulier physiquement. Lors de la conférence de presse, elle a confié s'être inspirée de Charlotte Gainsbourg dans Antichrist, un film de Lars von Trier en compétition à Cannes en 2009, dont le rôle était lui aussi extrêmement exigeant à tout point de vue. Au point que Charlotte Gainsbourg était repartie avec le prix d'interprétation féminine.
©Reuters
Après l'entrée en matière tout en douceur de Woody Allen la veille, les festivaliers ont reçu hier une violente douche froide avec les deux premières entrées de la compétition du 64e Festival de Cannes.We Need to Talk about Kevin, de la Britannique Lynne Ramsay, est un film dur, tournant autour d'un enfant qui est au mieux déséquilibré, au pire franchement sadique. Les rapports entre Eva (Tilda Swinton, vue notamment dans Broken Flowers, de Jim Jarmusch) et son fils sont calamiteux dès la prime enfance de ce dernier.Lynne Ramsay, qui n'avait plus tourné depuis Le voyage de Morvern Callar (2002), éclate l'histoire entre le passé et le présent avec comme moment charnière un événement irréparable causé à l'âge de l'adolescence par son fils (Ezra Miller, apparu plusieurs fois dans la série Californication). Le...
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