Faisant l’impasse sur les événements sanglants dans le pays, l’agence de presse officielle syrienne a diffusé hier des images de Deraa où la vie ne serait qu’un « long fleuve tranquille », les habitants vaquant à leurs occupations quotidiennes. Photo SANA/AFP
Des chars de l'armée ont pris position dans plusieurs foyers de la contestation : à Homs, Deraa et Banias. Des militaires ont été dépêchés à Mouadamiya, une banlieue proche de Damas. Les forces de sécurité ont en outre effectué des perquisitions dans les localités de Jassem et d'al-Harra, ainsi que dans le village d'Enkhel. Dans al-Harra, l'armée a bombardé certains quartiers de la ville, faisant 13 tués. Des quartiers à la périphérie de Homs ont été également la cible de tirs d'obus alors que l'armée y menait « des opérations de ratissage à la recherche d'armes », a affirmé Najati Tayara, un militant des droits de l'homme. « Les habitants sont terrifiés », a-t-il ajouté. Dans l'un de ces quartiers, Bab Amr, « des corps jonchent le sol et personne n'ose les évacuer à cause des agents de sécurité et des tireurs embusqués », a dit un autre militant ayant requis l'anonymat, sans pouvoir donner de bilan. Un chrétien a été tué par un tireur embusqué dans un quartier voisin, Inchaat, a dit M. Tayara en ajoutant que les autorités cherchaient à attiser les tensions intercommunautaires dans l'espoir de saboter le mouvement de contestation. Dix-neuf civils - dont un enfant de huit ans - ont été tués hier dans les régions de Deraa et de Homs, a déclaré pour sa part le chef de l'Organisation nationale des droits de l'homme, Ammar Qourabi. Parmi les morts figure un infirmier venu secourir les blessés, a-t-il ajouté. Deux militaires ont été tués lors de heurts avec des « terroristes » à Deraa et à Homs, ont de leur côté annoncé les autorités, qui accusent des « groupes criminels armés » instrumentalisés par l'étranger de vouloir semer le chaos en Syrie.
Selon l'agence SANA, « l'armée et les forces de sécurité continuent de pourchasser les groupes terroristes armés. Des dizaines de personnes recherchées ont été arrêtées et une grande quantité d'armes et de munitions ont été saisies à Bab Amr et à Deraa. Un certain nombre de terroristes ont été tués et blessés ». À Banias, également encerclée, l'armée continue de « rechercher des chefs de file des manifestations », a affirmé Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Sur les quelque 450 personnes arrêtées depuis samedi à Banias, 270 ont été relâchées après avoir été « violemment frappées et insultées » et s'être engagées à ne plus manifester, a-t-il dit. Un blessé est décédé, portant à huit le total de tués à Banias depuis l'intervention de l'armée le 7 mai. À Mouadamiya, les agents de sécurité étaient toujours « déployés en grand nombre », selon un autre militant, tandis que le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, annonçait l'arrestation d'un « grand nombre de personnes recherchées, cachées à Mouadamiya ». À Damas, un dirigeant de l'opposition, Mazen Adi, a été arrêté, ont annoncé des militants des droits de l'homme. Il est membre du Parti démocratique du peuple fondé par Riad el-Turk, une figure de l'opposition syrienne.
Dans la localité d'Amouda, quelque 500 personnes ont manifesté pour la levée du siège des villes, selon un autre militant. Depuis le début de la contestation le 15 mars, entre 600 et 700 civils ont été tués et plus de 8 000 personnes ont été arrêtées ou ont disparu, selon les ONG.
Face à cette violente répression, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté le président Bachar el-Assad à renoncer à la force et à tenir compte des appels aux réformes politiques. Selon lui, des ONG humanitaires doivent être autorisées à se rendre à Deraa, ainsi que dans d'autres villes. D'après un porte-parole de l'Unrwa, les violences en Syrie ont forcé les Nations unies à suspendre leur aide à près de 50 000 réfugiés palestiniens dans certaines régions du pays. En outre, des divisions sont apparues au sein de la communauté internationale, la Russie refusant ainsi un débat au Conseil de sécurité sur la Syrie en arguant que l'opposition était responsable des violences. Par ailleurs, des sénateurs américains ont présenté hier le texte d'une résolution condamnant M. Assad.
Dans un autre registre, la page Facebook du Parlement européen a été la cible dans la nuit de mardi à mercredi d'une attaque virtuelle de partisans de M. Assad. L'attaque a été confirmée par un porte-parole du Parlement, qui précise qu'elle n'a toutefois pas eu de conséquences sur le fonctionnement des serveurs du Parlement européen.
(Source : agences)


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve