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Sport

Sortie ratée pour Phil Jackson

L’entraîneur des Lakers, Phil Jackson. Ronald Martinez/AFP

La déroute des Los Angeles Lakers dimanche à Dallas en demi-finale de conférence Ouest a privé Phil Jackson d'une sortie à la hauteur de ses onze bagues de champion, le record pour un entraîneur NBA.
Le départ en retraite de cette personnalité emblématique et la sévérité de la correction reçue par des doubles champions en titre marquent la fin d'une ère pour les « purple and gold » (or et violet), devenus subitement les « purple and old » (vieux et violet).
Le successeur de Jackson - son assistant Brian Shaw ? - devra reconstruire et rajeunir un cinq majeur de plus de 30 ans de moyenne d'âge, un chantier qui pourrait prendre du temps car peu de joueurs sont en fin de contrat.
Il faudra aussi essayer d'effacer le traumatisme laissé par une telle claque. Les stars (Kobe Bryant et surtout Pau Gasol) n'ont pas assumé leur rôle, et les fautes antisportives déplacées de Lamar Odom et Andrew Bynum, dimanche en fin de match, ont terni l'image d'un club souvent cité en exemple.
Au lieu de tenir leur rang de franchise la plus titrée du XXIe siècle, les Lakers ont infligé à Phil Jackson le premier - et dernier - « coup de balai » (« sweep », élimination en play-offs sans gagner un match) de sa carrière.
« Ce n'est pas marrant de finir là-dessus, mais cela a été un beau voyage », a-t-il déclaré.
« Phil m'a fait grandir, a souligné Bryant après onze ans passés sous sa direction. Il a influencé ma vie en général et pas seulement le basket. Cela va être un peu bizarre pour moi la saison prochaine (sans lui). »
Après avoir longuement hésité à rempiler, l'ancien New York Knicks des années 70 était revenu cette saison pour viser un troisième titre consécutif avec le même noyau de joueurs, un « three peat » qu'il avait déjà réalisé deux fois à Chicago avec Michael Jordan et Scottie Pippen (1991-1993, 1996-1998) et une fois à Los Angeles avec Bryant et Shaquille O'Neal (2000-2002).
Mais après une saison régulière correcte (57 victoires, comme en 2010), tout s'est déréglé en play-offs, au moment où les observateurs pensaient que la taille (Bynum, Gasol, Odom) et l'expérience allaient faire la différence.
Le premier tour difficile contre La Nouvelle-Orléans (4 victoires à 2) a été un avertissement et la série contre Dallas a été l'explosion finale d'un groupe peut-être las de vivre et de gagner ensemble après 77 matches de play-offs (et trois finales NBA) en l'espace de seulement trois ans (depuis avril 2008).
« Cette accumulation est dure à gérer physiquement et émotionnellement, a expliqué Jackson. C'était un trop grand défi pour nous cette année. »
Menant au score dans les matches n° 1 et n° 3, les Lakers ont été incapables de préserver cet avantage en dernier quart-temps. Le match n° 2 a été une déconfiture de 12 points à domicile, juste un peu moins humiliante que le match n° 4 à Dallas, la deuxième pire correction de la franchise en play-offs.
Jackson, 65 ans, a dû passer les dernières minutes de sa vie de coach à voir son équipe se liquéfier et perdre son sang-froid, oubliant toute discipline en défense et piétinant les préceptes de la fameuse « attaque en triangle ».
Le taiseux du Montana, connu pour ses penchants bouddhistes, d'où ce surnom de « Zen Master », avait le sourire un peu crispé en quittant le terrain. D'autant qu'il avait écopé, une heure juste avant la rencontre, d'une amende de 35 000 dollars pour avoir critiqué l'arbitrage après le match n° 3. « Mais ils (la NBA) ne peuvent plus rien contre moi maintenant », se réjouit-il.
Avant de quitter la scène, l'entraîneur NBA au meilleur pourcentage de victoires en saison régulière (70,4 %) et en play-offs (68,8 %) a quand même offert des mots d'espoir pour la franchise qu'il quitte : « On sait tous que ce club revient toujours au premier plan. Les Lakers vont survivre. »
©AFP
La déroute des Los Angeles Lakers dimanche à Dallas en demi-finale de conférence Ouest a privé Phil Jackson d'une sortie à la hauteur de ses onze bagues de champion, le record pour un entraîneur NBA.Le départ en retraite de cette personnalité emblématique et la sévérité de la correction reçue par des doubles champions en titre marquent la fin d'une ère pour les « purple and gold » (or et violet), devenus subitement les « purple and old » (vieux et violet).Le successeur de Jackson - son assistant Brian Shaw ? - devra reconstruire et rajeunir un cinq majeur de plus de 30 ans de moyenne d'âge, un chantier qui pourrait prendre du temps car peu de joueurs sont en fin de contrat.Il faudra aussi essayer d'effacer le traumatisme laissé par une telle claque. Les stars (Kobe Bryant et surtout Pau Gasol) n'ont pas assumé...
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