Dans cet entretien, Nicolas Sarkozy qualifie d'"homme crédible qui dit des choses justes" son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé à propos de déclarations récentes dans lesquelles ce dernier avait estimé que sa candidature était un "secret de polichinelle".
"Cependant, je suis le dernier à pouvoir exprimer quelque désir que ce soit quant à la prochaine élection présidentielle. Je suis président (...), je n'ai pas le droit de me livrer à des calculs si loin d'une échéance qui n'est pas encore dans la tête des Français", poursuit-il dans cet entretien accordé à la veille du quatrième anniversaire de son élection, le 6 mai 2007.
Interrogé sur le moment de l'annonce de son éventuelle candidature, le chef de l'Etat répond qu'il "faudra laisser aux Français un temps suffisant pour faire leur choix". "Dans les deux cas que vous évoquez (fin 2011 ou début 2012, NDLR), les Français auront le temps", ajoute-t-il.
Très affaibli dans les sondages, M. Sarkozy avait indiqué jusqu'à présent qu'il ferait part de ses intentions à l'automne 2011. C'est également à cette période que le nom de son principal concurrent, le candidat socialiste, sera connu, à l'issue d'une primaire.
Au sein du premier parti d'opposition, les esprits commencent à s'échauffer. La patronne du PS, Martine Aubry, a démenti mardi auprès de l'AFP des informations de presse affirmant qu'elle avait renoncé à être candidate, assurant que c'était une "connerie" et que "rien n'est fait aujourd'hui".
De son côté, François Hollande, l'un des candidats déclarés à la primaire socialiste, a commencé à faire des meetings de campagne et se voit accusé de "partir trop tôt" par les partisans de Dominique Strauss-Kahn, favori des sondages même s'il ne s'est pas encore déclaré candidat.
Au cours d'un séjour fin avril à Paris, M. Strauss-Kahn, patron du Fonds monétaire international (FMI) et à ce titre tenu à une obligation de réserve, a rencontré des élus socialistes de terrain, qui s'activent en coulisses pour combler son déficit "de proximité" avec la population, dans la perspective de sa candidature.
Les derniers sondages, fin avril, donnent le candidat socialiste, quel qu'il soit, vainqueur face à Nicolas Sarkozy à l'issue du deuxième tour.


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