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Économie - Énergie

La production mondiale de gaz bondit de 7,3 % en 2010

La production mondiale de gaz naturel a enregistré une « croissance spectaculaire » de 7,3 % en 2010, dépassant ses niveaux record d'avant-crise, a annoncé hier l'association internationale Cedigaz dans un communiqué.
« L'année 2010 s'annonce exceptionnelle pour le gaz naturel avec une croissance spectaculaire de 7,3 % de la production mondiale », souligne Cedigaz, qui réunit plus de 140 compagnies gazières, banques et organisations dans 40 pays. Un tel taux de croissance est « historique » et n'avait jamais été enregistré auparavant, a indiqué à l'AFP Thierry Rouaud, secrétaire général de Cedigaz. « Cela n'avait jamais été aussi fort ni aussi soudain », a-t-il affirmé.
Le bond de la production s'explique par la vigueur de la croissance économique dans les pays émergents et en voie de développement et par un hiver rigoureux en Europe, selon Cedigaz.
Cette croissance « compense très largement le déclin historique enregistré sur l'année 2009 et ramène la production mondiale à un niveau significativement supérieur (+4 %) à celui d'avant-crise », ajoute l'association. En 2009, la production mondiale de gaz avait subi un déclin de 3,4 %, selon Cedigaz.
La consommation gazière européenne a bondi de 7,5 % en 2010, soutenue notamment par la compétitivité du prix du gaz en début d'année.
L'Asie-Océanie a rejoint le niveau de consommation du continent européen, avec une croissance de la demande particulièrement marquée en Chine (+20 %), « qui devrait se maintenir d'ici à 2020 ».
En 2010, la Chine se hisse au quatrième rang des pays consommateurs de gaz naturel, devant le Japon et l'Allemagne, selon Cedigaz.
Le commerce international par gazoducs et méthaniers a progressé de 11 % l'an dernier. Les volumes de gaz transportés par méthaniers ont enregistré une « croissance record » de 21 %, portant la part du gaz naturel liquéfié (GNL) dans les échanges mondiaux de gaz à 29 % (contre 26 % en 2009).
À court terme, Cedigaz prévoit une croissance « toujours soutenue » de l'offre et de la demande, autour de 2,5 à 3 % par an, « sous l'impulsion des pays émergents de l'hémisphère sud ».
L'organisation anticipe même une « très forte croissance » du marché du GNL, qui devrait permettre de faire face aux besoins supplémentaires du Japon après la catastrophe nucléaire de Fukushima.
La demande de GNL devrait « rapidement absorber l'excédent d'offre sur les marchés », estime Cedigaz, qui prévoit la disparition de la « bulle gazière » pour la fin 2012.
« Après une période de détente sur les marchés, nous assisterons donc certainement à une concurrence accrue sur le marché mondial du gaz dès l'année 2013, au sein duquel les marchés émergents, au premier rang desquels la Chine, deviendront des acteurs importants », souligne l'association.
Dans ce contexte, l'Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (IFP-EN) prévoit une hausse des prix du gaz de 30 % en 2011 en Europe continentale, dans un document séparé.
Aux États-Unis, les prix devraient en revanche rester stables du fait de l'exploitation des gisements de gaz de schiste, selon l'IFP-EN.
Le gaz est aujourd'hui deux fois plus cher en Europe continentale qu'aux États-Unis.

Le géant russe Gazprom enregistre un bénéfice net record en 2010
Par ailleurs, le géant gazier russe Gazprom a annoncé hier avoir enregistré un bénéfice net record en 2010 de 23,8 milliards d'euros (968,56 milliards de roubles), en hausse de 24 % par rapport à l'année précédente, renforçant son statut de pierre angulaire en Russie.
Il s'agit d'un des bénéfices les plus élevés jamais atteints par une entreprise dans le monde, après le record de 45 milliards de dollars (30,6 milliards d'euros) établi par ExxonMobil en 2008.
Le chiffre d'affaires a augmenté de 20 % à 3 597 milliards de roubles (88,4 milliards d'euros).
Des résultats colossaux dus essentiellement à une hausse des ventes en Russie et dans les pays de l'ex-Union soviétique : les ventes de gaz aux pays de la CEI (ex-pays de l'URSS) ont bondi sur l'année de 45 % à 450,1 milliards de roubles (11 milliards d'euros), en raison à la fois d'une hausse des volumes vendus (+24 %) et d'une hausse des prix de vente de 10 %.
Sur le marché russe, les ventes ont également augmenté de 27 % à 636,8 milliards de roubles (15,6 milliards d'euros).
En Europe, en revanche, où Gazprom exporte 65 % de son gaz, les ventes ont légèrement reculé, de 1 %, à 1 099 milliards de roubles (27 milliards d'euros), notamment en raison d'une baisse des prix de 3 %.
En 2010, contrairement à l'année précédente, le bénéfice opérationnel a augmenté, s'établissant à 1 113 milliards de roubles (27,8 milliards d'euros), contre 856 milliards de roubles (22,1 milliards d'euros) en 2009.
Enfin, Gazprom a vu son endettement reculer de 37 % à 870,9 milliards de roubles (21,4 milliards d'euros).
Ces résultats sont en adéquation avec les prévisions des analystes, qui sont également très positifs pour 2011, notamment en raison de la hausse des matières premières.
« Actuellement, il y a une augmentation des prix du pétrole, donc une augmentation du prix du gaz, c'est pourquoi les résultats de 2011 devraient être encore meilleurs qu'en 2010 », a déclaré à l'AFP Svetlana Grizan, analyste à la banque VTB Capital.
Mi-février, le géant gazier avait d'ailleurs indiqué prévoir une augmentation de 9 % de ses exportations vers l'Europe en 2011.
Les perspectives pour
Gazprom sont bonnes, a estimé pour sa part dans une note récente Chris Weafer, économiste de la banque moscovite Ouralsib, en raison des « événements en Afrique du Nord et également en raison du point d'interrogation qui plane au-dessus du futur de l'énergie nucléaire », suite au séisme au Japon, qui a provoqué des accidents sur le site nucléaire de Fukushima.
« Après le recul de certains indicateurs opérationnels de Gazprom en 2009, il semblerait qu'une reprise progressive débute », estime le géant gazier dans un rapport, tout en soulignant « les incertitudes sur le futur de la demande pour le gaz naturel et les autres ressources énergétiques ».
Pour parer à une baisse de la demande en Europe, son marché d'écoulement traditionnel, Gazprom essaie de diversifier ses exportations de gaz. Le groupe devrait signer un contrat majeur avec le chinois China National Petroleum Corporation (CNPC) cette année.
Il joue aussi un rôle-clé dans le projet de gazoduc South Stream destiné à acheminer du gaz russe en Europe.
L'empire Gazprom, bâti sur des structures de production datant de l'époque soviétique, contrôle un quart des réserves mondiales de gaz et représente environ 8 % du PIB russe, fournissant un quart de la consommation européenne de gaz.
(Source : AFP)
« L'année 2010 s'annonce exceptionnelle pour le gaz naturel avec une croissance spectaculaire de 7,3 % de la production mondiale », souligne Cedigaz, qui réunit plus de 140 compagnies gazières, banques et organisations dans 40 pays. Un tel taux de croissance est « historique » et n'avait jamais été enregistré auparavant, a indiqué à l'AFP Thierry Rouaud, secrétaire général de Cedigaz. « Cela n'avait jamais été aussi fort ni aussi soudain », a-t-il affirmé.Le bond de la production s'explique par la vigueur de la croissance économique dans les pays émergents et en voie de développement et par un hiver rigoureux en Europe, selon Cedigaz.Cette croissance « compense très largement le déclin historique enregistré sur l'année 2009 et ramène la production mondiale à un niveau significativement supérieur...
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